Aux Roches actuellement, l'exposition d'une photographe originaire du Plateau qui vit à Bruxelles

C'est un retour aux sources finalement. Chantal Vey expose jusqu'au 3 janvier à la maison de Roches, au Chambon-sur-Lignon, le village de son enfance. « Mais attention, prévient Marc Simon qui préside avec son épouse Arlette aux destinées du lieu, ce n'est pas parce que Chantal est du pays qu'elle expose ici. C'est son talent seul qui lui vaut d'être l'invitée de l'espace d'art contemporain. L'univers de cette artiste correspond bien à ce que nous aimons mettre en avant aux Roches. »

Dans La Tribune/Le Progrès - 15 décembre 2009 Reportage et photo de Fabienne Mercier (Source et copyright Le Progrès)

La jeune femme est photographe. Désormais installée à Bruxelles, en Belgique, elle est passée par les bancs du Cévenol où elle a suivi avec profit les cours d'arts plastiques dispensés par Charles Pouderoux. Un professeur pas mécontent de compter dans ses anciens élèves quelques beaux tempéraments d'artistes.
Chantal Vey est indéniablement un tempérament. Il suffit de la voir, rayonnante à l'approche de la quarantaine, posant devant un des clichés de cette exposition baptisée Familiarités.
Sur un des murs de la salle d'exposition, repeint couleur orange pétante juste pour elle, « c'est ma couleur préférée », une photo de format conséquent laisse découvrir un pied, élégant aux ongles laqués, dans une chaussure ouverte haut perchée. « C'est un autoportrait », lance, dans un large sourire, la belle, élancée et décidée, de noir et d'orange vêtue.
C'est un fragment d'être que le regard accroche. Comme sur la plupart des autres photos qui courent sur les murs. Les regards sont, sauf exception, absents. Décapitées plus ou moins radicalement, les personnes saisies par l'objectif de Chantal Vey se révèlent tout autrement. Privés de l'expression du visage, des yeux surtout, si commodes pour capter une émotion, le visiteur est contraint à regarder ailleurs. Ici, l'œil s'attachera au geste de retenir un enfant, là au mouvement d'une jambe repliée, plus loin, aux silhouettes paisiblement réunies sur un banc. Ou encore, croqués en ribambelle, des objets inanimés qui semblent bien avoir une âme. D'intimes morceaux de vie qui racontent le quotidien de quelqu'un en particulier, mais qui font écho à chacun d'entre nous aussi.