Le débat altiligérien sur l'identité nationale s'est tenu hier soir dans les salons de la préfecture.

Deux heures d'une discussion de haute volée en présence d'une assemblée peu nombreuse

Dans La Tribune- Le Progrès : Reportage et photo de James Taffoirin (source et copyright Le Progrès)

Deux questions principales présidaient, hier soir à la préfecture de Haute-Loire, au débat altiligérien sur le thème de l'identité nationale. « L'idée de nation est-elle toujours un concept pertinent ? » et « Les valeurs républicaines sont-elles toujours un vecteur d'intégration ? ».
Des questions qui n'ont, semble-t-il, pas soulevé l'enthousiasme de la centaine de personnes invitées à tenter d'y répondre. Seules une trentaine d'entre elles s'était déplacée, parmi lesquelles quelques personnes récemment naturalisées ou en passe de l'être, les maires de leurs communes de résidence, des représentants des religions catholique et protestante, plusieurs responsables de services de l'État, et aucun des parlementaires.

Pourtant, le débat aura été d'une haute tenue, balisé par deux professeurs de philosophie. Mais la réponse à la désaffection du public invité est peut-être à chercher du côté de l'évocation, par un participant, « d'un débat qui appartient à un milieu intellectuel car beaucoup de Français ne se poseront jamais ces questions ».
Sur le débat proprement dit, il a donc été question de nation et de valeurs républicaines. Deux concepts simples de prime abord mais qui s'avèrent plus compliqués à la réflexion. C'est le professeur de philosophie Serge Monnier qui a été chargé d'évoquer la notion de nation. En expliquant à l'assemblée qu'il « ne s'agit pas d'une société mais d'une communauté d'individus qui ont la volonté d'être ensembles ». Avant d'évoquer également les concepts d'intégration, d'assimilation et d'insertion, l'ex-maire du Puy-en-Velay s'est aussi interrogé sur la pertinence même du débat : « à partir du moment où l'on en parle, c'est peut-être que les choses commencent à ne pas bien aller ? »

Robert Lassey, lui aussi enseignant en philosophie, a pour sa part décliné le thème des valeurs républicaines. Il a opposé la liberté et l'égalité, qui relèvent du droit, à la fraternité qui entre dans le domaine de l'affectivité. L'ancien directeur du lycée International Collège Cévenol, qui possède une triple nationalité, a estimé que « ce n'est pas le passeport qui confère l'identité nationale ». Nourri dès son plus jeune âge à la culture française, cette identité doit, selon lui, être « l'aboutissement d'un parcours personnel au cours duquel le postulant rencontre la France ».
Dans la salle, plusieurs personnes sont intervenues pour regretter le manque de repères et de références chez les jeunes. Certains ont émis l'idée que la suppression du service militaire n'avait pas été une bonne chose dans ce domaine. Quand d'autres ont revendiqué que l'identité nationale pouvait (devait ?) être un rempart au repli communautaire.