jeudi 23 février 2012

Reportage France 3

Ados en danger

Mercredi 22 février 2012 à 22.30

Trois reportages au sommaire de "Enquêtes de régions" présenté par Daniel Despin.

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Le premier concerne le Collège Cévenol.

  • Cliquer sur cette image à droite pour visualiser le reportage complet (format wmv* attention, une fois que vous avez cliqué cela peut prendre plusieurs minutes avant que la vidéo n'apparaisse)

Le 19 novembre 2011, une jeune lycéenne âgée de 14 ans est retrouvée calcinée au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire). Les média affluent. Les responsables politiques mais aussi les professionnels de la justice et de la psychiatrie réagissent. Le fait divers devient un fait de société. Trois mois après les faits et l’emballement médiatique Enquêtes de Régions revient sur les lieux du drame. A l’écart de l’émotion, Elodie Monnier et Gérard Rivollier ont rencontré des jeunes et leurs parents, des habitants de la commune et des soutiens au collège, parmi lesquels Luc Ferry, l’ancien ministre de l’Education nationale. Le récit des journalistes clermontois s’accorde à présenter le travail de deuil opéré depuis 3 mois.
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Un autre collège apparaît dans le reportage de Mahia Mokrani et Didier Albrand tourné dans le quartier La Villeneuve, à Grenoble. Un quartier embrasé en juillet 2010. C’est là que se situe le collège Lucie Aubrac, animé selon les critères du projet éducatif « Réseau Ambition Réussite » ; un exemple dans un quartier difficile pour tenter d’apporter des réponses quotidiennes à une question préoccupante, une école sans violence : comment ?
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Un témoignage rare, tourné dans l’Ain. Olivier Martin, Laure Crozat et Thierry Swiderski ont recueilli le témoignage d’un jeune adulte condamné alors qu’il était mineur pour des faits de nature criminelle. L’affaire remonte à 2004, Alexis (prénom d’emprunt)a comparu devant le Tribunal pour enfant à Bourg-en-Bresse (Ain) pour avoir participé à un viol en réunion à l’âge de 13 ans. A l’époque, les magistrats ont préféré un suivi socio-éducatif plutôt qu’une peine de prison. Un travail de « reconstruction » s’engage alors pour le mineur. Accepter la sanction, reprendre des études, reconstruire sa vie... Le parcours de ce jeune homme, depuis sa première garde à vue, est évoqué par ceux qui l’ont côtoyé : éducateur, avocat et magistrat.
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Violences sexuelles. Violences scolaires. Violences urbaines.
Peut-on comprendre et soigner la souffrance des ados ?
Comment réagir à leur détresse pour leur permettre de s’en sortir ?
Daniel Despin pose ces questions à Laurent Mucchielli, sociologue spécialisé en criminologie et Didier Jourdan, spécialiste des sciences de l’éducation.
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Pour en savoir plus :
Laurent Mucchielli collabore à un site de ressources : Délinquance, justice et autres questions de société : http://www.laurent-mucchielli.org/index.php ?
Il est auteur du livre "L’invention de la violence, des peurs, des chiffres et des faits" chez Fayard.
Didier Jourdan : http://www.auvergne.iufm.fr/wiki.php ?tag=DidierJourdan
Il a, entre autres, coécrit avec Jeanine Pommier « La santé à l’école dans les pays européens » aux Editions Sudel et avec Frank Pizon « Tabac, alcool, drogues : la prévention au lycée » aux éditions de l’Harmattan Collection Savoir & Formation.
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France_3_Rhone_Alpes_Auvergne.jpgRédacteur en Chef : Alain Fontan
Réalisation : Jean-Marc Grefferat
Présentation : Daniel Despin

(Pour plus d'information voir le site de France 3 - Rhone Alpes Auvergne)
* Un fichier WMV est une vidéo au format propriétaire Windows Media Video créé par Microsoft. Pour lire une vidéo au format WMV, il suffit d'utiliser un lecteur multimédia tel que Windows Media Player, ou son équivalent libre, le lecteur VLC.

Le compte rendu de l'AG de l'AUCC

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Le Collège Cévenol a toujours son avenir entre les mains

Redoubler d’efforts

Claude Le Vu Le président de l’Association unifiée du collège Cévenol, invite chacun à se retrousser les manches : « Nous devons redoubler d’efforts pour que le regain de recrutement constaté lors de la dernière rentrée s’amplifie. »

L'Association unifiée du Collège Cévenol (AUCC) rassemble ses forces pour rénover l’établissement, ébranlé après le meurtre d’Agnès Marin.

« On a besoin de 2 millions d’euros », lance Jean-Michel Hieaux, vice-président du conseil d’administration de l’Association unifiée du Collège Cévenol (AUCC).
L’homme, connu dans le monde de la publicité, ne fait pas mystère de son attachement viscéral au Cévenol. Et il libère son émotion . Il prend la parole une fois que Claude Le Vu, le président de l’AUCC, a livré la conclusion du rapport, tout juste connu, des deux inspecteurs généraux venus passer au peigne f in le collège, après le meurtre d’Agnès Marin.

Huit départs et cinq arrivées depuis le drame

L’établissement est invité, pendant l’année scolaire en cours et lors de la prochaine, à remettre à plat son fonctionnement pour le rénover durablement, dans le prolongement du grand chantier de transformation lancé en 2011 sous le vocable « Cévenol ’up ». Une nouvelle inspection viendra alors s’assurer de son aboutissement.
Claude Le Vu, le président de l’AUCC, n’élude pas les craintes de la communauté cévenolienne depuis l ’affaire Agnès Marin. L’établissement a perdu huit élèves suite au drame. Mais cinq nouveaux sont arrivés depuis, et deux sont attendus à la rentrée des vacances de février.
Jean-Michel Hieaux détaille : « Il faut remettre aux normes et améliorer le confort des bâtiments, renforcer et professionnaliser l’encadrement. Certes, la collecte de la taxe professionnelle a été bonne sur l’exercice écoulé, passant de 19 000 à 97 000 euros. Et la collecte en cours s ’annonce encore plus favorable. De même, le nombre des donateurs a encore grimpé. Mais cela ne suffira pas. »
Aussi, il s’apprête à faire jouer son carnet d’adresses et à prendre son bâton de pèlerin : « Nous devons convaincre de grandes familles protestantes et juives et des chefs d’entreprises de nous aider à passer ce cap, peut -être par des dons, mais plus vraisemblablement par des prêts à taux zéro. »
II assène : « On ne peut plus se contenter de rêver sur les valeurs du Cévenol. Notre caractère, ce sont nos valeurs, c’est acquis. Nous avons vocation à donner sa chance à chaque jeune. Pour cela, i l ne faut pas hésiter à remettre en place de la discipline. »

Le soutien de Luc Ferry au collège

Les familles ont reçu, avec les documents habituels marquant la fin du trimestre, un long courrier du philosophe et ancien ministre de l’Éducation nationale, exprimant son soutien au collège.
« S’il est une idée qu’on ne peut se résigner à voir constamment bafouée, c’est bien celle d’égalité des chances. Non seulement nous sommes fort loin de l’avoir encore réalisée mais, à certains égards, nous nous en éloignons. Comment prôner l’autorité des institutions lorsqu’elles apparaissent comme des paravents de l’inégalité, pour ne pas dire des « appareils idéologiques de l’État » ? Pas de possibilité de bifurquer, de recommencer, d’explorer d’autres horizons, mais au contraire une logique en entonnoir, où l’existence semble un long canal dont il est impossible de s’évader dès lors qu’on a commencé à y tracer sa route… ou qu’on l’a quittée un instant. C’est contre ce renoncement que le Collège Cévenol entend lutter. Outre le cadre magnifique qui lui sert d’écrin, trois principes fondamentaux qui l’animent me semblent particulièrement importants.
D’abord, c’est l’idée universaliste qui est au cœur de son projet pédagogique. C’est un collège ouvertement « transclasses sociales, transfrontières et transreligions », un établissement qui parie résolument sur l’enrichissement par la diversité. C’est ensuite la conviction que l’enseignement ne va pas sans l’éducation. Enfin, c’est aussi l’insistance mise sur la pédagogie du projet qui me paraît capitale. Pour toutes ces raisons, le collège Cévenol doit conserver une place de choix à préserver dans l’ensemble d’un système éducatif traditionnel qu’il contribue puissamment à enrichir. »

Le directeur fait valoir ses droits à la retraite

Philippe Bauwens, directeur du Cévenol depuis la rentrée 2010-2011, s’est trouvé en première ligne lors de l’affaire Agnès. Il vient d’annoncer qu’il bouclerait cette année scolaire, restant en poste jusqu’au 31 août. Mais, à 63 ans, il fera valoir ses droits à la retraite au 1er octobre.

Les anciens du collège se mobilisent

Afin d’améliorer la trésorerie de l’établissement, l’Association des anciens élèves du collège Cévenol (AACC) a imaginé un dispositif. Laurent Pasteur, le président de l’AACC, s’en est fait le porte - parole : « Nous proposons de racheter la maison Jim Bean. Ce pavillon, doté de quatre chambres à l’étage, situé dans le parc à l’entrée du collège, est sans usage scolaire. L’AUCC vendrait ce bien à une SCI constituée avec toutes les personnes intéressées par l’acquisition d’une part, pour 100, 500 ou 1 000 euros, rien n’est encore arrêté… Cet te vente, qui pourrait se faire sur une base de 100 000 euros, serait assortie d’une clause de réméré. »
Le réméré, c’est le droit pour le vendeur de racheter à tout moment (dans un délai de cinq ans maximum) le bien vendu, moyennant la restitution du prix principal, le remboursement des frais de vente, des coûts d’entretien et de réparation, ainsi que des travaux ayant augmenté la valeur du bien. Pendant ce temps, l’association des anciens en assurerait la gestion. Le bien pourrait, après rénovation, devenir une maison d’hôte au sein du collège.
Les associés de la SCI s’engageraient aussi à immobiliser leur capital sur une certaine durée. Le prix de cession serait défini de telle sorte qu’en cas d’impossibilité pour le Collège de retrouver une situation financière saine, les associés n’aient pas pris de risque.
En clair, si l ’avenir du collège devait être compromis, qu’ils soient certain de récupérer leur placement initial.

Fabienne Mercier © Le Progrès