La moitié de l'effectif du collège-lycée international du Chambon-sur-Lignon a choisi l'internat. Hier, ils ont effectué leur rentrée, avec le sourire

Dans La Tribune - Le Progrès : Reportage et photos de Fabienne Mercier (source et copyright Le Progrés)

« Nous allons dépasser la centaine d'internes sur un effectif de deux cents élèves. Le premier trimestre va encore enregistrer quelques évolutions, surtout en raison des questions de visa. Car plus de la moitié de nos internes viennent de loin. Ils arrivent des États-Unis, de Russie, d'Autriche, de Finlande, d'Espagne, de tout le continent africain… Il y a aussi beaucoup d'enfants de parents français qui travaillent à l'étranger. » Fabien Laroque, hier après-midi, a été pris d'assaut. Le directeur du Cévenol et son équipe ont procédé à la rentrée de l'internat.


Le Cévenol, c'est un internat permanent, c'est-à-dire que 80 % des élèves (de la quatrième à la terminale) ne quittent l'établissement que pour les vacances scolaires.

« 82 % des élèves reviennent après leur première année d'internat chez nous. On peut cibler trois raisons principales qui conduisent les familles à nous confier leurs enfants. La première, c'est notre projet d'établissement, l'éducation à la non-violence, le côté international, multireligieux, multiculturel. La seconde, c'est le fait de parents qui recherchent un cadre éducatif sérieux, mais pas psychorigide. La troisième, c'est l'aspect pratique. Je pense que les établissements qui proposent ce service d'internat permanent ne sont pas pléthore. Ils doivent se compter sur les doigts des deux mains dans l'Hexagone. » Mais s'occuper de jeunes entre treize et vingt ans, week-end compris, c'est une tâche exigeante.

« La première des exigences, c'est de répondre aux actes de l'élève, qu'il s'agisse d'un acte négatif ou positif d'ailleurs. Il y a des piliers. Ce n'est pas l'œil de Moscou, mais c'est une attention de tous les instants. Lorsque les jeunes qui sont autorisés, en première et terminale, avec l'autorisation des parents, à sortir le samedi soir jusqu'à 23 heures, me voient arriver avec le responsable d'internat, Charles Quaeghebeur, dans les bars, c'est juste pour leur rappeler que nous sommes vigilants. »


Dix assistants d'éducation s'occupent de l'internat. « Il ne s'agit pas d'avoir un discours disciplinaire, nous demandons aux jeunes d'être impliqués. Ils ont leur mot à dire au conseil d'internat. Nous leur demandons de respecter l'autre dans sa différence. »


Et il suffit d'écouter Simon, Chiara, Baptistine et les autres pour se convaincre que le courant passe.

« On a les meilleurs surveillants. Dès que quelque chose cloche, ils le voient. On en discute autour d'un café. On ne se sent jamais seul. Et c'est vrai pour tout le personnel. Le cuisinier plaisante avec nous. Pourtant je suis pour l'OM et lui, supporter de l'ASSE. »


Baptistine et Chiara

14 ans, Lyon et Italie

« C'est notre deuxième rentrée en internat. Nous avions hâte. Nous sommes dans la même chambre. Être internes ici, c'est ce qu'on peut rêver de mieux. Quand on a un coup de blues, il y a toujours quelqu'un à qui parler. La relation avec les surveillants est super. Ils rappellent les règles mais savent faire la part des choses. »


Simon

16 ans, Genève (Suisse)

« J'habite à Genève. C'est ma troisième rentrée au Cévenol. Je passe en seconde. J'étais arrivé après m'être fait exclure d'une autre pension et ne devais rester que pendant la période du collège, mais j'ai eu envie de revenir. Ici, c'est super. C'est un campus à l'américaine et ça reste familial. Le personnel est attentif. »


Marc et Alexandre

13 et 15 ans, Kenya

« Nous venons du Kenya où notre père est diplomate et notre mère journaliste. C'est notre première rentrée ici. Mais on n'a pas de stress. On est ensemble, on se dit qu'on va bien s'amuser. Et on a déjà l'habitude de l'internat. On a changé pour le Cévenol car c'est le côté international qui plaît à nos parents. »