Petite chronique des relations avec l'AUCC.
Depuis de nombreuses années, les relations entre l’AUCC et l’AACC ont toujours été compliquées, génératrices de tension.
Elles pouvaient souvent se résumer au titre d’une chanson célèbre: « Je t’aime, moi non plus ».
Ma brève expérience des conseils d’administration de l’AUCC depuis le mois d’Avril, au sein duquel je participe en qualité de représentant de l’AACC, membre de droit de l’AUCC, m’a appris que ces difficultés étaient toujours patentes. A quoi est-ce dû ?
Parfois, bien sûr, au choc des personnalités, mais aussi et surtout au mode de gouvernance de l’AUCC et au double statut de l’AACC.
Lorsque l’on assiste aux conseils d’administration de l’AUCC, le représentant de l’AACC à beaucoup de mal à comprendre la répartition des responsabilités entre le CA, le bureau du CA, la Présidente et la Direction du Collège. Il est vrai qu’à une époque plus lointaine, un Directeur à forte personnalité décidait de tout, et le conseil d’administration entérinait …
Plus tard, des dérives sur le campus ont été trop tardivement stoppées par le CA, laissant d’importantes cicatrices humaines et des hémorragies d’effectifs.
Depuis lors, et par un phénomène de crispation, le CA semble s’être quelque peu fermé sur lui-même, les membres étant souvent cooptés et non élus , et le bureau prenant parfois des initiatives sans concertation avec la Direction, générant de nombreux malentendus, des frustrations et un manque de crédibilité générale sur le campus.
En conséquence, lorsque l’AACC agit comme association d’anciens, en organisant par exemple la rencontre de Pentecôte ou en accompagnant la rentrée scolaire des élèves, comment faire pour se situer face au CA ou à la Direction, sans commettre des impairs ?
Si l’AACC, agissant comme membre de droit et administrateur de l’AUCC, pose la question de la répartition des rôles, ce qui lui semble légitime pour une meilleure efficience, elle comprendra rapidement que c’est une question pratiquement taboue, ou tout au moins qui énerve !
Si l’AACC s’inquiète de la situation financière du Collège, dans le droit fil pourtant de ce qu’ont déclaré certains représentants de l’AUCC lors du Congrès, et fait jouer son droit d’alerte, sans animosité mais tout simplement par souci de sa responsabilité en qualité de membre de droit, pourquoi est-elle prise comme un trublion et ses demandes comme des agressions ?
Il est vrai que depuis bientôt un an, l’AACC a été beaucoup plus présente sur le terrain, a multiplié les initiatives, tenté de médiatiser comme jamais auparavant le Collège Cévenol, bousculé certaines habitudes, regretté trop ouvertement sans doute le manque de communication et de stratégie de recrutement du Collège dans les années passées, et a été peut être un peu trop visible aux yeux de l’AUCC qui ne l’était pas assez…
Que l’on ne se méprenne pas sur mes propos, il ne s’agit pas ici d’incriminer les personnes, mais bien un mode de fonctionnement aboutissant à limiter au maximum la marge de manoeuvre et l’autonomie du directeur de l’établissement et, d’autre part, de contingenter et contrôler au plus prés toute initiative que pourrait prendre une association comme la notre susceptible de « faire de l’ombre ».
C’est du moins mon ressenti, et comme tel forcément subjectif, de ces quelques mois néanmoins riches d’enseignements de tous ordres, le tout teinté d’un peu d’amertume pour cette méfiance et cet agacement dont l’AUCC a tant de mal à se défaire.
André Swartebroekx
Commentaires
L'école primaire apprend aux enfants à conjuguer en premier les auxilliaires ETRE et AVOIR. Dans l'apprentissage de toutes les langues étrangères plus tard, tu conviendras André que tous les manuels commencent aussi par les verbes être et avoir.
Florence Child-ToulmondC'est dire leur importance. Sont-ce les plus faciles à apprendre ? Je ne me prononce pas. En revanche, de mon point de vue, quelle que soit la langue étudiée ou quelle que soit sa langue maternelle, ce sont les deux verbes les plus complexes à comprendre, et ce sont précisement ceux qui sont le moins travaillés. Leur sens profond et les symboles forts qu'ils véhiculent ont été dérouté. Depuis que le monde est monde, les humains n'en finissent pas de se précipiter dans le gouffre de toutes les dérives possibles et inimaginables que la terre peut porter.
Les forces du mal et autres gorgonnes se sont déguisées en hotesses de charme pour faire croire aux gens que le must du bonheur c'était d' Avoir de tout le plus possible. Bien sur l'argent et tous les biens matériels, la réussite sur tous les plans, avoir la santé mais le summum de la jouissance aujourd'hui c'est d'avoir le pouvoir, quitte à en jouir à mort. C'est ce à quoi nous les humains qui nous comportons comme dans des meutes ne voulons, ne pouvons renoncer.
Funeste confusion que celle qui est faite entre être et avoir. C'est si vrai que les modèles de notre monde d'aujourd'hui trouvent leurs limites et tombent en déliquescence. Course à l'argent, course pour toutes les formes de pouvoir et sur toutes les échelles de la planète. La confusion létale réside dans le fait que chacun possèdant un quelconque pouvoir sur quiconque se donne l'illusion d'exister mieux, d' Etre plus quelquechose et non quelqu'un. Alors qu'en réalité et en vérité c'est précisement d' accepter de passer par les castrations symboliques (renoncements à l'illusion de l'omnipotence infantile originaire) qui fait qu'un être EST devenu grand, qu'il ne possède rien ni ne règne sur quiconque, donc qu'il a tout en lui , tout à partager, à donner. C'est ce trésor là qui fait exister et qui est pourvoyeur de bienfaits pour nos semblables. D'aucuns avertis appellent aussi cela le lâcher prise. Toutefois, toute organisation a besoin d'ordre pour fonctionner et nécessite de répartir des pouvoirs pour piloter.La question n'est pas "d'en avoir ou pas" , la véritable question est de savoir ce que celui à qui il a été confié va en faire et s'il saura s'en montrer digne.Voici une contribution, mon humble ressenti, il n'engage que moi-même qui ne sait rien, mais qui cherche et observe sur bien des sujets de crispations de nos vies au quotidien. Je te l'offre André, je l'offre aussi aux lecteurs. Bien à vous.
Florence Child.