Avignon, Lyon, Le Mans, Tours, ce 24 février 2010

Monsieur Hubert Pasquette
Président de l'AUCC

Monsieur le Président,

Votre « appel urgent à candidature pour être administrateur » daté du 12 février nous est bien parvenu. À sa lecture, nous comprenons que cet appel a été adressé à l’ensemble des membres de l’AUCC et que vous y évoquez notre candidature, sans toutefois nous nommer, comme émanant d’ « intervenants non objectifs ».

À sa lecture encore, nous comprenons que seules quatre candidatures vous sont parvenues, les nôtres. Elles ne semblent pas vous convenir puisque, en toute objectivité, vous considérez qu’elles ne permettraient pas aux membres de l’AUCC d’effectuer, « un vrai choix démocratique ». Nous nous sommes pourtant déclarés après qu’Alain Berthoud, votre prédécesseur, ait adressé un appel à candidature au cours de l’assemblée générale du 6 février. Tout membre de l’AUCC avait donc le loisir de répondre spontanément à cet appel. Pour en terminer avec la démocratie, nous nous étonnons, en passant, que les membres du conseil d’administration de l’AUCC soient choisis par cooptation, celle-ci étant ensuite soumise au vote de l’assemblée générale suivante. Certes, cette disposition est statutaire, mais nous ne voyons pas en quoi cette procédure fait progresser l’esprit de la démocratie.

Passons maintenant à l’objectivité. Qu’est-ce donc qu’une assemblée sinon une réunion de personnes qui délibèrent ? Dans ce cadre, nous avons effectivement fait partie de la « dizaine de personnes, qui mobilisaient la parole ». « Bien souvent en dehors du sujet traité », ajoutez-vous ? Si l’on s’en tient au strict respect de l’ordre du jour, peut-être. Mais, si l’on considère l’esprit de nos interventions, de quel autre sujet avons-nous parlé si ce n’est du collège ? De ses difficultés ? De son avenir incertain ? Nous n’avons pas employé les mêmes termes que vous car une assemblée est le lieu du débat d’idées. Nous avons défendu les nôtres, d’autres ont défendu les leurs, vous avez fait de même. C’est tant mieux. Faire appel au respect de l’ordre du jour est un procédé qui permet trop souvent d’imposer le silence sur ce que l’on veut taire.

Monsieur le Président, n’est-ce pas à vous qui représentez tous les courants qui traversent notre association, de jouer en toute objectivité un rôle de rassembleur ? Dans votre appel, évoquez-vous le fait que le commissaire aux comptes de l’AUCC a refusé de certifier les comptes présentés par le trésorier ? Que la Fédération protestante de France ne souhaite plus être membre de droit du conseil d’administration et retire son « égide » au Collège Cévenol, seule association parmi les 800 que compte la Fédération, à bénéficier d’un tel privilège ? Que, comme vous l’avez déclaré, c’est à votre initiative personnelle que les commissions mixtes AUCC, AACC et APECC mises en place grâce à la Fédération protestante de France ont été interrompues ?

N’aurait-il pas été objectif de faire état dans votre appel de ces trois moments importants de l’assemblée générale ? Mieux encore - pour la parfaite information de tous et notamment de ceux qui, empêchés, n’étaient pas-là - n’aurait-il pas été pleinement objectif d’y joindre un compte-rendu bref et factuel ?

Monsieur le Président, pensez-vous vraiment que l’AUCC ne puisse accueillir au sein de son conseil d’administration de nouveaux membres activement mobilisés depuis le succès des 70 ans du collège ? Ce que nous vous déclarons aujourd’hui, à nouveau, solennellement, c’est que notre seule volonté est de contribuer par nos savoir-faire et par l’activation de nos réseaux à la pérennité du Collège Cévenol. Elle doit, vous le savez, passer par une refondation, un aggiornamento nécessaires.

Sur plusieurs sujets, nos points de vue divergent. Est-ce une raison pour ne pas les entendre, pour les écarter au seul motif que nous ne serions pas des « intervenants objectifs », du moment que notre objectif, le vôtre comme le nôtre, est d’assurer l’avenir du collège ? Ne croyez-vous pas qu’en raison des périls qu’il affronte celui-ci a besoin d’union ? Ne pensez-vous pas enfin que la solution, objective, naîtra de la confrontation des idées, de leur analyse puis de leur synthèse ?

Pour y parvenir, voyez-vous un autre moyen que de travailler ensemble, de nous rencontrer, de nous écouter, de tout faire pour nous comprendre ?

Nous vous confirmons formellement notre candidature comme membre du conseil d’administration de l’AUCC,

Et vous prions d’agréer, Monsieur le président, l’expression de notre considération la meilleure.

Francis Deval (Avigon), François Heizmann (Lyon), Frédéric Mignon (Le Mans), Laurent Tournaire (Tours)

P.S : toujours par souci d’objectivité, nous vous prions de bien vouloir faire parvenir notre courrier à tous les destinataires de votre appel, accompagné d’un compte-rendu factuel de l’assemblée générale du 6 février dernier.