Quoi qu’il se dise aujourd’hui, ce qui nous affecte et qui mobilise notre attention, c’est d’abord la douleur des proches et des familles concernées par la disparition d’Agnès. Et nous partageons la stupéfaction de tous, parents, amis, camarades, professeurs, éducateurs, membres de cette exceptionnelle communauté du Collège Cévenol, face à cette monstruosité.
...
Un tel événement ne pouvait advenir ici, parmi nous !
...
Il ne doit pas maintenant en plus, détruire ce qui demeure. Car le Collège Cévenol, ce n’est pas seulement un nom d’établissement, un lieu, un « truc » indéfini. C’est d’abord une communauté d’hommes et de femmes qui ont partagé depuis 1938, et partagent encore, un ensemble de valeurs qui les soudent, toutes générations confondues : la tolérance et l’attention à l’autre, le respect de chacun et la confiance a priori caractérisent l’Esprit du Collège depuis sa fondation.
Or cette tragédie « oblige » tous ceux qui ignoraient jusqu'à l’existence même du Collège Cévenol, à s’intéresser soudain à son identité, sa nature, ses éventuelles spécificités et les valeurs dont justement il se réclame.
Quelques témoins isolés ou commentateurs totalement étrangers à ces 73 ans d’existence, avide à paraitre, trouvent dans cette soudaine médiatisation une aubaine pour parler d’eux-mêmes et exposer ainsi leurs convictions. Leurs propos parfois délétères et aberrants nous ont particulièrement frappés et meurtris alors que nous sommes surtout dans le recueillement et la compassion. Ils donnent, sans légitimité aucune, une image falsifiée des élèves actuels comme de leurs anciens. Nous ne pouvons y rester indifférents.
La reconnaissance d’un acte monstrueux est une chose. Mais celui-ci n’a pas été engendré par le Collège Cévenol bien au contraire. Il ne faut donc pas que cet acte stigmatise en plus un lieu qui est justement l’absolu contraire de cette violence. Il serait inconcevable que le public n’appréhende pas la réalité de l’esprit qui anime le Collège. Cet "Esprit", issu des 25000 personnes passées au Collège, jamais clairement défini et pourtant toujours présent. Spécifique. Vivant.
"L'Esprit Collège" c’est aujourd’hui encore chacun d'entre vous.
Je vous propose donc de témoigner ci-dessous de ces valeurs qui incarnèrent dans le passé et incarnent encore aujourd’hui cet "Esprit Collège" et qui ont fait de nous ce que nous sommes. Toujours présent, il relie entre elles toutes les générations qui se sont succédées en ces lieux. Toujours indéfini, il n'existe que parce qu’on en parle, qu'on le ressent, qu'il semble être en nous.
A travers nous.
Laurent Pasteur
Président de l’Association des Anciens du Collège Cévenol

Commentaires
Avec le recul, je peux maintenant apprécier ce que m'a apporté la connaissance et la (bonne) pratique de l'anglais dans ma vie professionnelle et toutes les opportunités de partir à l'étranger qui en ont défoulées.
Sans la patience des professeurs je n'aurai pas pu être ce que je suis maintenant : un retraité heureux d'avoir fait, toute sa vie, le métier que j'aime. Je me rends compte (et aujourd'hui plus encore) que c'est un véritable privilège.
Malgré ce terrible drame, puissent tous les élèves présents et à venir continuer à bénéficier du Collège Cévenol et de son exceptionnelle humanité !
Michel GrigautMerci Laurent pour ce rappel qui résume bien, je pense ce que nous pensons tous, nous les anciens du Collège Cévenol.
Yannick VillardierAprès une nuit de douleur en communion avec la mère d’Agnès et de recueillement, mon mari et moi-même devions nous rendre cet après-midi à Lyon en l’Église St Bonne Aventure aux Cordeliers pour le concert du Messie de Haendel.
Florence Child ToulmondLa beauté du chœur de 150 choristes de l’École normale supérieure de Lyon et d'autres a fait monté d'un cran notre émotion.
A la sortie, les yeux pleins de larmes, nous avons félicité des choristes; j'ai évoqué la tragédie qui passe en boucle à la télévision depuis 2 jours, leur disant que c'était du Collège-Lycée où j'ai fait toutes mes études dont ils entendaient parler.
Stupéfaits, j'ai poursuivi en évoquant ces milliers de jeunes qui ont fait leurs études, passé leur bac et se sont construits là-haut, au grand air dans cette nature et ce Village au si noble passé où avec humilité RÉSISTER n'était pas un vain mot mais un engagement fort.
Je leur ai demandé de témoigner de cela autour d'eux autant qu'il serait possible.
Ce n'est qu' une goutte d'eau dans cet océan d'horreur mais je veux croire que mes larmes ont arrosé une graine.
La plus belle année de ma scolarité est, de loin, celle que j'ai passé au Cévenol.
DrixeCOLLÈGE CÉVENOL : LIBERTÉ, FRATERNITÉ, ÉGALITÉ ou les valeurs de la République réellement appliquées...
J'ai été mise en pension parce qu'il "n'y avait plus de place à la maison", le dernier de mes frères, le septième enfant de mes parents, avait un mois et demi. Je n'avais pas 12 ans quand je suis arrivée au Collège Cévenol. J'y ai trouvé une autre "famille", un accueil... J'y ai appris l'autonomie, la liberté d'être et de penser, le goût d'apprendre. J'y ai vécu la tolérance, le pardon et la juste punition face à mes rébellions; le calme, l'attention et le soutien dans mon travail; l'écoute des adultes et l'amitié de mes camarades. Après chaque période de vacances (Noël, Pâques et d'été) j'avais hâte d'y revenir pour me "reposer" de mes tâches d'aînée, et seule fille, de famille nombreuse. Ce furent les 5 plus belles et plus riches années de mon adolescence. Grâce à ce que m'a apporté le Collège Cévenol, j'ai pu mener ma vie la tête droite et le cœur juste malgré toutes mes vicissitudes.
J'ai pu me rendre compte au cours du 70ème anniversaire de sa fondation en juin 2009 que même si la forme avait changé, le fonds était resté le même et cela m'a réjouie : tous les élèves d'alors qui avaient aidé à la réalisation et à l'animation de cet anniversaire nous ont prouvé cela, QUE CE LIEU ET CE QU'IL PORTE ÉTAIT TOUJOURS UN VÉRITABLE HAVRE ET UNE ÉCOLE DE VIE INCOMPARABLE. Et, comme à mon époque, ce n'était pas la religion qui "imposait" ces valeurs, c'était l'ESPRIT qui soufflait sur ce lieu et qui donnait à chacun, jeune comme adulte, sa dignité, sa force, son humanité.
Mais voilà, l'inconséquence du système judiciaire de notre pauvre France, lui a porté un terrible coup. Au delà des polémiques sur les responsabilités dans ce triste drame, au delà de la colère, de la douleur, de l'horreur et de l'inutilité du sacrifice de la vie d'Agnès Marin, 14 ans, rien ni personne ne pourra ternir ce fonds de valeurs fortes.
Catherine KuntzLe cévenol m'a appris la tolérance. Ces deux années font parti des plus belles années de ma vie et reste à jamais gravé dans mon cœur...
DRUTUn jour de septembre 1957 je prenais le train dans la gare de Munster (68) pour débarquer le lendemain en gare du Chambon-sur-Lignon-Le-Mazet après avoir changé de train à Colmar, Lyon-Perrache, Saint-Etienne-Chateaucreux, et Dunières. Je voyageais seul, car en ce temps là le seul vrai danger était pour moi d'oublier une correspondance...
Je venais au Chambon pour commencer une scolarité au Collège Cévenol. Mais plus qu'un cursus scolaire cela allait s'avérer un "vrai" départ dans la vie. Ce "départ" je n'allais le réaliser que beaucoup plus tard, lors de la réunion de l'anniversaire, en 2009, des 70 ans de la création du Collège.
J'ai réalisé cela en rencontrant des anciens du Collège, beaucoup d'anciens plus jeunes que moi, mais avec lesquels et lesquelles nous nous sommes reconnus grâce à une complicité que l'on nomme de façon ambigüe : l'esprit du Collège.
Qu'est-ce que l'esprit du Collège ? je ne sais pas le définir, mais j'ai des pistes...
Début des années 80 je travaillais pour la filiale Française d'un groupe Américain. J'étais spécialiste d'un système informatique très particulier, et le responsable "marketing" Europe m'avait demandé d'aller en Afrique du Sud pour aider un client a démarrer son système. J'ai refusé. Il m'a demandé de leur téléphoner, j'ai aussi refusé. Il m'a demandé la raison de mon refus : cela tenait en un seul mot, l’apartheid.
C'était en grande partie un effet retard de l'esprit du Collège, mais pas seulement car entre temps j'avais eu la possibilité d'aller vivre pendant trois années scolaires dans un pays du Sud, et j'avais compris que le régime alors en vigueur en AFS ne me convenait pas.
Lors de cette fabuleuse rencontre des 70 ans du Collège, j'ai eu la relation de ce que le Collège avait fait dans les années 56-57 pour un certain nombre de jeunes venu de Hongrie, pays alors envahi par les troupe de l'URSS.
Le Collège Cévenol les a accueilli, logé et leur a fait suivre des cours de Français pour que leur scolarité soit la meilleure possible. (Note: les cours de Français dits FLE n'existaient pas encore en ce temps là... mais le Collège en faisait.)
Pendant les petites et les grandes vacances, l'internat fermait. Le Collège offrait à chacun des hongrois un billet de train aller-retour pour la ville de leur choix, plus un viatique de 5 francs de l’époque.
Incapable de vivre avec 5 francs par jour, ces jeunes étaient dans l'obligation de faire preuve d'initiative... L'un d'eux m'a dit en 2009 qu'il avait fait de petits boulots, de serveur notamment et que cela lui avait servi pendant ses études en Fac...
Ce que le Collège a fait pour ces jeunes était-ce de la pédagogie ? Était-ce de l'apprentissage de la vie ? Était-ce de la pingrerie, car il aurait peut-être pu donner d'avantage sans inciter/obliger les jeunes à se responsabiliser de la sorte ?
Mon passage au Collège Cévenol ne fut pas qu'un épisode de la scolarité d'un enfant probablement voué à l'échec scolaire.
Ce fut dans mon cas un tremplin, grandement aidé par la considération dont j'ai bénéficié de la part d'un maitre à penser plus qu'un professeur du Collège et de deux personnes du Village. Ces trois personnes ont joué un rôle déterminant dans la suite de ma vie.
Aujourd'hui retraité je ne puis m'empêcher de continuer à partager dans le cadre d'actions auprès d'étudiants d'écoles de Lyon.
Francois HeizmannNos premières et compassionnelles pensées vont à la famille et les proches d'Agnès victime de cet horrible acte de violence.
Bertrand Bollack (1972/1975)N'oublions pas que le Collège a été fondé sur des valeurs du respect de l'être humain de toutes origines et de toutes croyances en hébergeant et protégeant aussi des enfants juifs du régime nazi et du gouvernement de Vichy.
A ce titre le village et ses habitants, Collège inclus, ont été récemment reconnus "Justes parmi les justes".
Je crains que ce tragique évènement ne soit fatal au Collège qui rencontre des difficultés tant managériales que financières depuis de nombreuses années.
Collège dont nous avons tous un émouvant souvenir à jamais gravé dans nos vies, le respect de l'autre, la tolérance, l'enrichissement de nos différences.
Cette image est désormais ternie par cet acte terrifiant.
Amitiés à tous.
La Vie est un moment merveilleux où l'on prend conscience d'exister.
Boris KoifmanA l'époque où je suis "entré" au Collège j'étais exclu des Règles Humaines de la Vie Familiale et Sociétale,
Là, j'ai été accueilli par des Humains, par des Vies attentionnées et par mes semblables, ceci est inoubliable, ceci est le meilleur "viatique" qui m'ait été communiqué.
Amour de La Vie, Acceptation de l'Autre, Solidarité face aux difficultés, toutes ces manifestations m'ont donné "Amour de la Vie et de l'Autre".
Le Drame d’Agnès est le Nôtre,
Transmettons notre Foi en l'Autre et continuons de transmettre la valeur Humaine de ce que nous avons connu dans cette Arche qu'est le Collège Cévenol.
Aidons tous les Hommes et Femmes qui ont Volonté de transmettre ce que Leur Vie leur a donné.
Halte à la complaisance des règles abstraites et inhumaines qui sont le refuge des Hommes et des Femmes qui ont étés abandonnés par leurs aînés.
La Neige et le Froid vont recouvrir les Bois autour du Collège, sachons les laisser faire leur œuvre de Paix et de recueillement.
Je suis moi-même arrivé au Chambon parce qu'il n'y avait pas de Collège Cévenol au Niger, ou nous vivions.
Et Catherine vient d'écrire écrit ce que je n'aurais pas su mieux exprimer.
Il est vrai que j'ai vécu depuis 50 ans de voyages et d'aventure, avec des grandes joies et des grandes peines. Mais le Collège est toujours resté dans mon coeur et dans celui de mes deux fréres.
En ce qui me concerne, l’éducation morale que j'ai reçu au Collège m'a permis d'être accepté par l'ensemble des personnes avec les quelles j'ai travaillé dans une vingtaine de pays d'Afrique, Asie et Europe.
Au soir de cette vie, alors que j'ai posé mes valises, j'ai le grand bonheur de re trouver et recréer des liens avec mes ancien(ne)s camarades
Amitiés
Bernard Mathern (1956/1962)Matou
Allez les anciens, courage,demeurons unis et solidaires. A la famille et aux proches d'Agnés, aux élèves et encadrements actuels au Collège, et entre nous tous.
Jean MicaleffC'est notamment dans le recueillement et la volonté de poursuivre que nous nous retrouverons pour notre assemblée générale annuelle à LYON le 10 décembre prochain.
« L’ESPRIT du COLLEGE », meurtri, est bien toujours présent.
Qu'une immense chaleur parvienne aux proches d'Agnès en associant la douleur des parents de ce jeune homme qui ,hélas, n'a pas su ou pu épanouir en lui ce que le Collège a toujours enseigné : le respect de l'autre et un travail sans relâche pour devenir des hommes de bonne volonté.
Nelly PauLe Chambon-sur-Lignon et le Collège Cévenol restent pour moi synonymes d'ouverture, tant dans les domaines identitaires, culturels et religieux, signes de réconciliation universelle à l'échelon planétaire.
François Gugenheim (1957/1963)En tant qu'ancien élève, pensionnaire et membre de l'association des anciens, je partage la colère et la douleur des proches et de la famille d'Agnès.
Ne laissons pas ce tragique évènement démanteler ce qui a fait et continue de faire l'identité de nos vies, dans le respect et la tolérance.
Le Collège Cévenol a pour moi été des moments de bonheur et surtout de partage de culture différente. Cet établissement est comme une grande famille où tout le monde s'entraide et s’apprécie. Peu importait notre culture, religion, couleur de peau, lieu social, éducation..... nous somme tous égaux. Je suis resté seulement un an dans cette établissement mais ce fût l'une de mes meilleurs années. Le Collège Cévenol est un peu un endroit magique. Cette tragédie aurait pu arriver dans n'importe qu'elle endroit. Pour moi le Collège n'est pas la cause de ce drame, amis une victime collatérale. Il ne mérite pas d’être dénigré ainsi. Je tiens à dire un grand merci a cet établissement, aux élèves, au corps enseignant et à toutes les personnes que j'ai pu croiser cette année-là.
MERCI
Jérémie DanerolJe ne suis pas un ancien de votre collège. Cependant je suis sensible aux valeurs d'humanisme et de résistance que ce nom évoque.
Vu de SingapourMes pensées vont d'abord à la famille d’Agnès, ensuite vers tous les élèves et toutes leurs familles, vers les enseignants et l’équipe administrative dans ces temps terribles.
J’espère que votre institution, non pas se relèvera, car elle n'est ni abattue ni couchée, mais parviendra à surmonter l'horreur de ce crime et formera toujours des hommes et des femmes dignes.
Après le choc et la tristesse, je suis aujourd'hui profondément choquée sur ce qui se dit dans les médias au sujet du Collège. Notamment par un ou deux anciens qui ont comme moi, à priori, vécu la même expérience. Je constate qu'ils dénigrent ce lieu "magique" qui nous a apporté tant de tolérance et de respect vis à vis d'autrui. J'ose espérer que c'est de la colère vis à vis du drame qui les anime. Comment pouvoir critiquer ceux qui nous ont acceptés tels que nous étions. Chacun. J'ai entendu parler de racisme à BFM !!! J'étais de 93 à 97 au Cévenol, en même temps que ce "témoin" et je n'ai connu aucune forme de racisme, je n'ai pas connu de "clans" en revanche. J'ai appris à respecter et à apprendre de toutes les nationalités et religions que j'y ai rencontré. J'ai entendu certains nous qualifier de drogués et d'alcooliques... Il y aurait donc des lycées en France où aucun ados n'auraient fumé un jour ou bu plus que de raison ? J'ai entendu critiquer l'encadrement... Maitres d'internat, professeurs et autres personnels d'encadrement ou technique, ce sont des gens qui nous ont aimé, poussé vers le haut, nous considérant comme leurs enfants, "félicitations, engueulades"... la vie quoi !!! J'ai vu très peu d'échecs au Cévenol, mais sans doute ces témoins en font-il partie. Navrée pour eux. Venus au Collège intolérants, irrespectueux de leurs camarades et de leurs maitres, ils le sont restés. Fort heureusement cela n'a pas été le cas u plus grand nombre.
Plein de bonheur et de paix à vous tous, d’ici et d’ailleurs, et une nouvelle pensée pour Agnès.
Anne Louis (1993/1997)Je tenais également à apporter un message de soutien au Collège Cévenol. Je n'y ai effectué qu'un an, à la fin de mon lycée en 2001-2002, et le Cévenol m'a permis de m'apprendre le travail. J'ai pu intégrer une école d'ingénieur à la suite de cette année, et je dois mon début de parcours professionnel au Cévenol.
Une très vive émotion m'a submergée en apprenant le drame de la semaine dernière. Je me revois, il y a 10 ans, au milieu de mes camarades, dans cet espace de liberté et à l'encadrement tenu. On n'était pas tous copains, mais il y avait une vie en communauté fondée sur des valeurs fortes. Un sacré mélange, ce Collège : une vie difficile, un isolement prolongé, et des élèves parfois à la dérive en arrivant. Le Cévenol, c'était aussi le sport, le suivi dans les études, les encouragements des encadrants, un rapport à la nature fort, un lieu idéal pour qui voulait "s'en sortir". Un lieu de mélange avec des élèves d'horizons tellement variés...
Juste parmi les justes, le Cévenol doit poursuivre son parcours et défendre ses valeurs pour continuer à remplir sa mission d’accueil et d'aide.
Bien sur, je n'oublie pas le drame actuel. Mes pensées, ma douleur, vont à la famille, aux amis et camarades d'Agnès, et au membres du Cévenol. Puissiez-vous vous reconstruire et garder foi en la vie.
Etienne (2001/2002)Chacun d'entre nous garde en son coeur, des êtres, des lieux, des évènements qui les marquent à jamais.
Pour l'adolescent que j'étais, dans les années 60, habitant du "Plateau", "monter" au Collège" comme on disait, était presque une évidence pour un enfant élevé avec les valeurs de ce pays protestant.
C'était aussi une opportunité d'entrer dans ce "bouillon de culture" cosmopolite pour un petit Chambonnais qui n'avait d'autres horizons que ceux soulignés par les forêts de sapins et ceux, épisodiques, du plat pays flamand de mon père.
Les professeurs de l'époque formaient un mélange étonnant avec des parcours de vie totalement atypiques, des personnalités fortes dont les valeurs qu'ils véhiculaient irriguaient toutes les matières enseignées.
Le lieu même, au sommet du village, adossé à la forêt, ajoutait à cette ambiance si particulière, hors du monde mais avec ce sentiment singulier d'être quelque peu "citoyen du monde".
Les valeurs portées par le Collège perdurent fort heureusement encore aujourd'hui, contre vents et marées, même si les temps changent, même si d'aucun raillent parfois leur mise en oeuvre.
Deux mille anciens élèves, venus de tout les coins de France et de plus loin encore, joyeusement rassemblés avec les élèves du moment, en 2009, lors du 70 ème anniversaire du Collège, sont la démonstration de cet attachement au Collège et à tout ce qu'il représente et représentera toujours pour eux, pour moi : des hommes et des femmes responsables, libres dans leur esprit et dans leur coeur.
Je n'oublierai pas Agnès, je n'oublierai pas sa famille, la communauté du Collège ne les oubliera pas non plus, ni par l'esprit, ni par le coeur.
André SwartebroekxJe suis sidéré par les immondices colportés par certains sur le Cévenol. Ils vont être ravi nos amis venu d'Afrique, des Etats Unis, De Suède, Norvège et j'en passe...Eux qui sont venu en France pour apprendre la langue, pour bénéficier de son éducation... Ils vont être ravi de se voir reléguer au rang de délinquants, de drogués, d'alcooliques, ou encore de bourgeois friqués en rupture de famille... Pourtant aussi loin que je m'en souvienne, je ne crois pas avoir été drogué, alcoolique, et encore moins petite bourgeoise...Dans mes souvenirs, ma mère à pourtant du avoir 2 boulots pour pouvoir me payer la pension dans laquelle JE voulais être et la 2ème année j'ai même du être élève au pair... Pour ceux qui ne le savent pas élève au pair se sont ces élèves qui à la fin des cours prenaient leur petit seau et leur éponge pour aller nettoyer les tables et tableaux du Batisco, des salles d'espagnol ou encore celles de Milflor...Que certains gardent un mauvais souvenir du Cévenol est une chose... Au final c'est peut être eux les délinquants brimés par un système éducatif un peu trop rigide à leur goût... Mais la tragédie qui touche toute cette communauté ne doit pas devenir un moyen pour ces gens de dénigrer l’esprit Cévenol qui malgré les années reste intact !
Depuis la Guyane Française
Séléna Grenier-Druette (1991/1993)Mes deux années passées au collège ont effacé le désarroi d'un divorce parental, mes rencontres avec les réfugiés du monde entier ont su remettre mon petit ballot d'ennuis a une taille de vie, j’ai appris la différence, la géographie mondiale, le fondamental concept d'être internationale, les histoires de mes compagnons ont forgés mon écoute aujourd'hui pour mes patients.
A tous qui aimons ce lieu, j’exprime mon chagrin:
Je suis tordue de douleur par ce drame,
J’ai conscience que les meurtres tout autant que les viols, se perpétuent partout, je n’étais pas prête à imaginer la foret du Collège comme un lieu de drame, cette foret ou nous allions skier tous les hivers, ramasser les champignons, flirter aux recréations, faire nos jogging pour préparer nos matchs de handball.
Agnès, je suis désolée que ce lieu ou nombres de victimes de guerres, de génocides ont trouvé asile et refuge, puisse être celui de ta mort tragique, je n'en comprends pas le sens, j’en suis révoltée.
Ce soir, ma fille de 13 ans m'a dit
"mais tu n'as pas idée de ce qu'est la France maman" ...
Agnès,
Pour tes parents qui comme moi ont cru en ce Collège je murmure : vous ne pouvez vous en vouloir, ce collège a fait tellement d'enfants heureux, ce collège a remis sur pieds tellement d'enfants en recherche de sens, votre choix était le choix que j'aurais fait, que nous (notre groupe sur Internet de plus de 50 anciens des années 78-80 toujours en contact après 30 ans) aurions certainement fait.
Nous formons un réseau immense sur Internet d'hommes et de femmes dignes, affliges meurtris par ce drame.
Puisse notre amour de ce lieu effacer l’indicible et rendre au Collège Cévenol son nom et son sens dans la communion pour la mémoire d'Agnès.
Depuis Melbourne (Australie)
Anne Florence PlanteLe Collège Cévenol, c’est quoi ?
D’abord un endroit merveilleux où été comme hiver, en chemisette ou les skis aux pieds j’ai vécu les plus belles années de mon adolescence…
Le Collège Cévenol, c’est mon professeur d’Allemand de 1965 qui m’écrit aujourd’hui pour me donner son sentiments sur le drame que nous sommes entrain de vivre et qui me dit aussi : « Tu sais, je ne t’oublie pas »…46 ans après…
Le Collège Cévenol, c’est cet ancien élève, âgé de 88 ans, qui a connu les années de guerre, est allé en cours en sabots et qui me dit au téléphone sa peine profonde à propos de la mort horrible d’une jeune fille.
Le Collège Cévenol, c’est cette communauté, c’est cette amitié et cette complicité par-delà les générations, cette liberté d’expression entre les enseignants et les élèves, c’est cette confiance réciproque.
Le Collège Cévenol, c’est cet endroit où j’ai passé trois années entières de ma jeunesse, où j’ai appris à vivre dans la droiture et le respect des autres, où ma famille c’étaient les profs, les élèves et les internes que j’avais hâte de retrouver après les vacances..
C’est l’endroit où j’ai rencontré plus de gens formidables au mètre carré que partout ailleurs, où j’ai appris une multitude de choses qui m’ont aidé à mieux vivre ma vie en société. C’est là qu’on m’a enseigné le respect des autres en tant qu’individus, le respect de leurs idées. C’est au Collège Cévenol qu’on m’a appris à réfléchir aux miennes et à forger mon caractère d’adulte.
Le Collège Cévenol c’est tout ça et c’est encore plus que ça…
Et quand j’ai rencontré les jeunes actuellement scolarisés, lors du 70ème anniversaire, j’ai été fier de leur comportement et je me suis dit que « l’Esprit Collège » soufflait encore.
Que l’on nous garde un endroit comme celui-là. Savoir qu’il existe, aide à vivre.
Roland MayerJe souscris à tout ce qui viens d'être énoncer. Notre Collège n' a jamais été un lieu d'enfermement, ni de dépravation et encore moins une secte. Le Collège a toujours été une communauté, une vraie famille, l'affection, que nous les anciens lui portons toujours en est la meilleure preuve. Pour ma part c'est grâce à tous mes professeurs, à mes rencontres cévenoles, à l'encadrement du collège que je suis devenu un être social, ouvert aux autres, pouvant les comprendre et donc se comprendre soi-même.
Les 4 années passées au Chambon restent le meilleur souvenir de mon adolescence, je suis convaincu qu'elles m'ont aidé et façonné pendant toute ma vie.
Ayant vu et écouté les témoignages d'élèves actuels du Collège, j'ai pour ma part constaté que l'esprit du "Cévenol" était toujours là, tel que je l'ai connu il y a 50 ans.
Jean-Claude Cheze (1956/1960)Le Cévenol c'est....
le studio d'art avec Charly qui te pousse toujours plus loin. Et qui des années après te réponds encore en deux minutes quand tu ne sais pas vers qui te tourner quand tu as besoin d'un conseil vis a vis de ton travail ou du nom d'un artiste...
C'est les surveillantes à qui tu peux t'ouvrir et avec qui tu peux te disputer car elle sont la pour toi, même si, du haut de tes 14ans, tu crois savoir comment le monde fonctionne.
C'est le Luquet et ses cuisiniers qui sont toujours à plaisanter.
C'est les gens que tu rencontres qui, même vivant dans des pays différents du tien, t'appelle car le Cévenol est en danger. Ces gens qui sont tes sœurs et frères car le mot ami ne suffit pas.
Le Cévenol, c'est les hivers blanc et les printemps ensoleillés.
Le Cévenol, c'est là ou tu as laissé une partie de toi même si aujourd'hui tu es loin.
Depuis Londres (England)
Marie Bidegaray (2004/2009)Quoi que l'on puisse dire... le Collège Cévenol restera un excellent établissement avec de très bons professeurs... il nous est tous arrivé de vivre des moments difficiles pendant notre adolescence..; le Cévenol nous a donné notre chance....
En ce qui me concerne j' y ai passé les plus belles années de mon adolescence... un environnement multiculturel, qui nous a ouvert l'esprit très tôt... avec des pions et pionnes qui ont fait comme ils ont pu pour remplacer nos parents pendant cette période délicate qui est l'adolescence... il est difficile de gérer des ados alors sachons vers qui lancer la pierre... un enfant mal éduqué à la base... est difficilement redressable...
RIP AGNÈS..
Depuis Ottawa (Canada)
Bélinia Zeze Drogba (2002/2004)N'ayant pas la qualité d'ancien de votre établissement, mais ayant été concerné par des situations dramatiques dans un autre établissement d'enseignement privé, c'est par compassion envers la famille de la victime de ce crime et par souci du bien commun que je vous prie de m'accepter dans vos échanges ici.
Patrice BersacIl appartient aux responsables de faire toute la lumière sur toutes les causes qui ont conduit à ce crime. Je souhaite que les témoins, à charge et à décharge, aient un sens aigu de la vérité et de la pudeur pour ne sombrer ni dans la calomnie, ni dans l'étalage vengeur, ni dans la lâcheté. Pour qu'ils aient bien présent à l'esprit que l'on ne peut tout exiger d'un établissement scolaire, surtout quand, dans l'atmosphère délétère d'une société hyper-permissive et irresponsable, il essaie d'apporter des valeurs positives contre l'individualisme qui conduit au nihilisme, contre l'hédonisme -sexuel notamment - qui conduit à la chosification de l'autre, contre l'appétit de puissance qui conduit à ne plus servir les plus faibles.
DIGNITÉ HUMAINE et RESPECT de l'AUTRE,
Françoise Bourélyce sont les mots qui me viennent tout de suite à l'esprit pour essayer de caractériser le Collège Cévenol. Parmi d'autres que vous avez cités aussi.
Mon Collège, aujourd'hui emporté dans une tempête médiatique attristante, dont j'espère qu'il sortira vivant, voire renforcé dans sa ligne éducative mise en œuvre depuis tant d'années.
Mon Collège, dont je suis si fière de dire que j'en ai été une des élèves pendant quatre ans, de 1962 à 1966.
Ce collège, où loin d'être ce lieu "sélect" dont on parle, qui permet aux jeunes de toute origine, de tout milieu social, de toute langue, de toute culture, de se côtoyer et d'apprendre à vivre ensemble, à construire collectivement, à acquérir une autonomie dans tous les domaines !
J'arrivais en octobre 1962 d'un "lycée public de jeunes filles" du sud de la France, en ce temps-là, la mixité n'était pas de rigueur dans les établissements scolaires (même dans les écoles primaires !).
J'avais complètement perdu pied dans ma scolarité, tellement tétanisée par les méthodes dites éducatives du moment, uniforme, blouses standardisées, mise en rangs, dortoirs d'internat immenses et sans intimité, colles collectives...Bref, mes parents, soucieux sans doute de ne pas me voir sombrer totalement, m'ont inscrite au Collège Cévenol, même si financièrement ce n'était pas simple !
Et j'ai trouvé au Chambon un espace de liberté incroyable, de questionnement et d'échange, de répartition des tâches dans la vie collective, de méthodes pédagogiques innovantes, de dialogue réel entre adultes et élèves...
Le Collège Cévenol, lieu de référence par excellence depuis ma plus tendre enfance, mon père étant assez fier lui-même d'avoir eu la chance de suivre au Chambon une scolarité en 1945-1946, grâce à une bourse ; ce qui lui avait permis, lui, jeune orphelin cévenol déscolarisé pour raison de guerre, puis résistant maquisard des vallées cévenoles, de reprendre une scolarité à 20 ans passés, de construire son cursus en un an et demi de la seconde à la terminale, et de passer son bac, porte d'entrée nécessaire pour qu'il entreprenne ensuite des études de théologie. Rencontrant auparavant de merveilleux professeurs comme Paul Ricœur ou Miss Williamson, auxquels il a toujours voué une reconnaissance éternelle.
Ce même Collège Cévenol, qui a toujours été pour moi une référence pédagogique solide lors de ma longue vie de "parent d'élève militant" dans les divers conseils d'établissements où mon fils a effectué sa scolarité et qui a largement contribué à nourrir mon combat dans l’Éducation Nationale !
Tu as donc raison, Roland, et vous tous dans vos témoignages, ce lieu est unique, inestimable et largement nécessaire !
Nous sommes des milliers à l'avoir ressenti, à y avoir puisé les forces nécessaires pour vivre dans une société plus violente que jamais mais que nous voulons juste et humaine !
Je suis un ancien du collège (1980-TA) et père de 4 enfants de 23 à 10 ans.
L'horreur de la situation des parents d’Agnès me renvoie évidemment a la peur d'avoir un jour a vivre ce type de cauchemar et je compatis pleinement a leur douleur.
J’éprouve par ailleurs une immense tendresse pour la communauté des internes du collège car pour moi comme pour tant d'autres, il y a eu un "avant" et un "après" le Collège Cévenol. Cette expérience unique et inracontable, tant elle touche à ce qu'il y a de plus humain en nous, aura profondément influé sur le cours de ma vie et mes choix d'alors. Alors je ne voudrais pas que la violence de l’actualité, relayée par des médias qui n'ont plus toujours ce temps du recul si précieux et nécessaire, ne détruise cet édifice dont nous sommes tant de par le monde a souhaiter voir perpétuée l’œuvre.
Eric Lhardit (1980)Je ne peux que m'associer aux nombreux messages de soutien qui précèdent et remercie Laurent Pasteur pour son initiative . L'heure est d'abord au recueillement et au silence par respect d'Agnés et sa famille. Méprisons la meute hurlante qui vide déjà sa bile sur le Collège. J'ai été choqué par cette presse envahissante, présence que j'ai mal vécu notamment lors de la marche blanche. Il y avait un côté indécent, mais à l'heure de la téléréalité, tout doit être filmé!!
Bernard Cheynel (1969/1974)Pour moi le Collège, élève du plateau, ce fut une chance unique de côtoyer et de rencontrer le monde entier à ma porte. Quelle ouverture d'esprit pour un jeune de 13 ans sorti du collège de St-Agrève ! Mes meilleurs amis sont ceux rencontrés au Collège, et aujourd'hui tous veulent témoigner de leur entière solidarité auprès de ses responsables, pour les soutenir et les aider à traverser cette épreuve. Restons soudés et mettons en avant les valeurs humanistes qui ont permis à tous de nous construire .
Non seulement je partage les propos de Françoise, mais nous avons également partagé la même période, avec les mêmes camarades. Que de souvenirs à jamais gravés... Dignité humaine et respect de l'autre... J'ajouterai écoute et tolérance, que des milliers d'élèves ont appris, assimilé puis transmis.
Terrible drame pour Agnés et ses proches.
Dure épreuve que celle-ci à un moment où le Collège a besoin du soutien et de l'encouragement de tous.
Michel Wagner (1962/1966)Merci Éric, nous sommes nombreux parents ,mais surtout anciens élèves à partager notre plus profond et intime sentiment ,un sentiment individuel et unanime, c 'est essentiel il me semble pour les parents d’Agnès ,nous attestons en groupe uni de ce que les valeurs du Collège ont été pour nous tous, afin qu'ils ne puissent jamais se reprocher leur choix : celui d'avoir mis leur fille au Collège .
Anne Florence PlanteJe pense à toi, Agnès, à tes parents...
Janine MichaudJ'ai été une adolescente de 14 ans au Collège où j'ai fait toute ma scolarité de 11 à 19 ans. A 11 ans c'est dur d'être interne loin de sa famille et il fallait se responsabiliser. Mais nous étions entourés et nous avons tous acquis les valeurs qui, pour la plupart d'entre nous, restent ancrées au plus profond de nos êtres, que, pour ma part, j'essaie maintenant de partager avec mes petits-fils. Nous avons créé des liens profonds entre nous les élèves et certains de nos professeurs qui nous ont suivi tout au long de notre vie et qui perdurent encore tant d'années plus tard. Le Collège est pour moi le lieu privilégié de ma jeunesse mais le drame s'y est produit, là où la recherche de la non-violence est la règle. Chacune de nous, depuis 70 ans aurait pu être Agnès...
Le Cévenol, lycée où j'ai étudié... Et où j'ai passé mon bac en 1995
Nadège Mandon-Chazalllon (1992/1995)Le Chambon/Lignon est à 10km de la maison de mes parents... Je connais particulièrement cet endroit et y ai passé des moments formidables ou effectivement, on y enseignait le respect et la tolérance...
Quel effroi pour moi depuis mercredi et surtout depuis vendredi... Voir les images de notre village si paisible m'a bouleversée... Comment une telle chose a t il pu se produire... Là-bas, un lieu aussi symbolique que l'est le Cévenol ? J'ai la boule au ventre et je m'inquiète pour l'avenir de mes enfants... De nos enfants ! Comment les mettre à l'abri de ce genre de détraqués ?? Même les régions aussi reculées que sont l’Ardèche ou la Haute Loire ne sont plus à l'abri maintenant...
Nous étions tellement protégés pourtant...
Je pleure avec ses parents, j'accompagne ses camarades et enseignants dans cette difficile épreuve, je n'imagine que trop l'atmosphère sur le plateau... Mes parents en sont les témoins aussi... Nous sommes abasourdis...
Rien ne pourra effacer l'Esprit du "Cévenol" Ceux qui y sont passé ,en restent marqués pour la Vie....Cet esprit de tolérance, d'autonomie ,de liberté d'être ,de penser ,cette fraternité......!!
Janine et Jean Pierre Mazaudier-Trignol (1950/1952)Pour ma part ayant passé ma plus belle année scolaire il y a maintenant 10 ans , je ne comprends les personnes qui se permettent d'accuser ou de faire porter la responsabilité au cévenol ! J'en veux à la justice de ne pas avoir fait son travail correctement encore une fois .
Kévin Le QuémentBen le cévenol est un endroit super ! J'y ai passé les meilleures années de ma scolarité, mais faut pas se voiler la face, il y avait des défauts évidents aussi.
Mais ce qui s'est passé peut arriver, ça peut arriver n'importe où.
Des lors que l'on met des humains ensemble, on s'expose à des risques, on est en sécurité nulle part.
J'espère juste que les parents d'élèves vont pas s'en éloigner ou que le Cévenol ne va pas se retrouver entouré par un mur en béton...
Tessarech JuniorComme tout le monde, j'ai été choquée par ce qui s'est passé au Chambon et blessée d'entendre tous ces gens parler aussi mal de mon Collège.
Je voudrais donc apporter mon témoignage positif sur ma période "collège".
Cela fait 38 ans que j'ai quitté le Collège Cévenol.
J'y suis restée de la 4ème en Terminale, j'étais externe, habitante du Chambon. Je garde un merveilleux souvenir du Collège, inoubliable, avec ses élèves venant de pays différents, son implantation au milieu des bois, le Batisco, ses salles de classe dispersées dans les bois, Milflor, les baraques des garçons, le gymnase arrondi, le Coko's... et de revoir toutes ces images m'a replongée dans le passé.
Il y a sûrement eu des moments moins bons mais ceux-là je ne m'en rappelle pas, çà ne devait pas être bien grave...
etc. Cela m'a ouvert l'esprit et beaucoup aidé dans ma vie.
Je m'y suis fait des ami(e)s camerounais, libanais, tunisiens, américains, malgaches, français bien évidemment
Franchement, j'ai vécu là les meilleures années de ma jeunesse
quelle chance j'ai eu !
De plus j'ai eu mon bac du 1er coup et j'ai été prise comme stagiaire dans les bureaux par le directeur de l'époque, "Tonton" pour les intimes, j'ai nommé Roger Hollard
Sans oublier notre petite Arlette adorée
professionnelle des absences sans excuses, cette charmante Mme Doulière
et ma petite Jany (holala que de souvenirs) et tous mes professeurs que
je n'oublierai jamais et qui se sont mis en 4 pour nous aider tous.
(une pensée particulière pour ce pauvre M. Lods qui s'est arraché tous
les cheveux à cause de moi...
)
Enfin que du bonheur pendant ces 5 années passées là-haut, dans ce cadre magnifique.
Alors quand j'entends parler du Collège en mal, çà m'attriste vraiment.
Pourquoi mettre sur le dos de cette institution l'horreur qui s'est déroulé dans les bois du Collège ? Aucun rapport !
Il faut plutôt en chercher la cause dans le manque de moral de notre monde actuel, les jeunes n'ont plus aucun repère, aucune limite dans leur vie, tout est permis au nom de la liberté !
Mais c'est quoi cette liberté-là ? Je suis heureuse de ne pas l'avoir connue et d'avoir été si bien encadrée et guidée par mes professeurs et mes parents
Et puis quel manque de respect pour son fondateur, le pasteur André Trocmé, et pour tous les habitants du Chambon, d'oublier tout ce qui s'est passé au Collège et au Chambon pendant la guerre !
Allez j'arrête là, enlevez mon post si je suis hors sujet, mais çà fait du bien de s'exprimer, même si je ne sais pas bien m'y prendre...
Muriel LOPEZ (1974/1979)J'ai pleuré tout le week-end en pensant aux parents d'Agnès, c'est innommable ce qu'ils vivent et je suis de tout coeur avec eux.
J'avais l'âge d'Agnès quand je suis arrivée au Collège...
On est nombreuses à être arrivées au collège à l'âge d'Agnès... ce qui rend la situation d'autant plus révoltante et incompréhensible.. ce genre de drame peut arriver n'importe où.. à n'importe qui... même si c'est heureusement très rare..
Guylaine Carrotmais Mathieu, vu ses antécédents judiciaires n'aurait pas du venir au collège...
compliqué tout ça.. si on pense à ses parents et à ceux qui ont donné le feu vert... même si la psychiatrie a bien des difficultés à établir un pronostic, antécédents étaient bien là...
il me parait important pour Agnès, en sa mémoire et dans la mémoire de toutes celles qui ont subi des situations très difficiles, une femme meure tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint, 75000 viols par an en France pour seulement 2 à 3000 personnes arrêtés..sans parler du reste et des autres..
il me semble donc important de ne pas se résigner ou tomber dans la vengeance, mais continuer à se "battre", aujourd'hui plus que jamais... pour la non violence, pour s'opposer à la violence, pourquoi n'en parle-t-on pas plus dans les établissement scolaires, pourquoi ne pas faire une fondation Agnès Marin contre la violence?
" les armes de l'esprit "
Sa fait 5 ans ke je ne suis plus o Cevenol et cela me mank...jai vécu mes plus belles années scolaire, j étais o tennis étude et en plus d être o centre de tennis, et bien être en plaine nature sans barrière a la récréé, pouvoir s assoire ds les champs kan ils faisait bo...et bien c était l extase!!! vive le cévenol je le défendrais ! bis a tous
Aurore JanusExcusez de peu le message que je vais laisser car celui-ci n'est que le reflet de la peine et la frustration que ce drame a laissé dans ma vie comme dans celle de beaucoup de gens comme moi...
Tout d'abord je tiens encore une fois a présenter toutes mes sincères condoléances aux parents et à la famille d'Agnès, aussi à toute la grande famille cevenol de part le monde car ce diable nous a enlevé une des nôtres.... Paix à son âme!!
A monsieur les pouvoirs publiques et autres détracteurs du cevenol aujourd'hui svp la vie d'un être humain est bien plus importante qu'une élection... Mais cela vous importe peu car le drame de la défunte Agnès n'est que le reflet des carences du système judiciaire de ce pays, et reconnaitre les manquements du système que vous avez vous même soit disant réformé depuis 2002 sois disant. malheureusement beaucoup de famille pleurent encore leurs enfants... Combien de famille victime de ses carences du système judiciaire ce sont montées en association pour que plus jamais ces choses n'arrivent dans cette société.. Le drame du chambon a encore montré que leurs combats contre le remises de peine et la réinsertion de fou dangereux dans notre société est toujours pris a la légère pour mettre en avant le manque de structure, moyen ou d'effectif du suivi de ses criminelles soit pris au sérieux... Mais a cela on assiste a des suppression de poste et au reforme dans la justice qui empêche les personnes qui veulent en finir avec ces problèmes de travailler....
Monsieur les pouvoirs publiques accusés les responsables de cette établissement d'avoir eu connaissance du dossier de se diable n'est que pure affabulation et encore une fois une volonté de votre part de ne pas assumer les échecs des décisions que vous avez pris jusqu'ici pour protéger la société contre ces dangereux prédateurs. Imaginez vous c'est comme si a chaque fois que vous lâchez un tel prédateur dans la nature sans réel contrôle ou suivi, c'est comme si vous lâchez au centre d'une ville des Lion affamés et espérer qu'ils soient Clément avec toutes les personnes qui se retrouveront sur leur passage...
Il y a une différence entre être au courant qu'un futur élève a eu un démêle judiciaire et l'étalage de son véritable casier judiciaire quand celui-ci est déjà reconnu comme un agresseur sexuelle accompagne d'une tentative de meurtre.
Vous savez pertinemment qu'un établissement n'est pas habilité a se procurer le casier judiciaire d'un individu.. Et j'imagine mal la famille de se diable étalé le dossier de leur fils lors d'une inscription sachant que celle-ci ne pourra qu'être refuse car personne ne pourrai un tel risque connaissant le passé de se diable!!!
Le cas échéant toutes les personnes responsables de ce qui aurait pu être évite doivent prendre leur responsabilité.
Si vous comprenez bien c'était au pouvoir judiciaire en charge du dossier de se diable vu que ce sont elles qui l'ont remis en liberté de prévenir le cevenol et de prendre les mesures qui s'impose pour que ce gamin sois surveillé ou que l'établissement choisissent de ne pas le prendre...
Et en ce qui concerne notre cevenol monsieur les détracteurs vous n'arriverez pas a tuer le cevenol car la grande famille que nous sommes ne se reconnaissent pas dans les affabulations que vous avez jetés sur la place publique concernant le cevenol..
Oui nous avons tous passés notre scolarité au cevenol avec des personnes issues d'horizon différentes, du monde entier. Et que cela vous déplaise le cevenol reste et restera un modèle de vie entre personne d'origine différente et en totale harmonie...
Courage a tous
Depuis le Bénin
Stéphane Ogouedeos O (1995/1997)
Ce que nous devons au Collège Cévenol et au Chambon sur Lignon.
Quel dommage. J’espérais écrire un jour sur le Collège Cévenol mais je ne m’attendais pas à le faire aussi tôt, le résultat en aurait certainement été meilleur ! Mais voilà, je suis né dans une famille ou des valeurs telles que l’injustice et l’intolérance n’ont pas leurs places. Ces valeurs qui sont je l’espère les votre, vous les avez certainement vues en lisant les articles qui parlent du Chambon sur Lignon.
Je suis Protestant et je connais bien ce petit village de Haute Loire qui depuis mon enfance berce mes hivers et mes étés, dont la gentillesse des habitants, leur force de caractère, leur simplicité et leur altruisme valent les 7-8h de route qui m’en sépare le reste de l’année.
Si aujourd’hui je me sens obligé de défendre le Collège Cévenol c’est avant tout parce que sans le bref passage que j’y ai fait en 2002, je ne serais probablement pas là où je suis aujourd’hui. J’ai toujours été un élève agité, imaginatif, une plaie pour tout professeur digne de ce nom. J’ai toujours eu un problème avec l’autorité et une amitié sincère pour les cancres, les rebelles, les solitaires et les révolutionnaires. Je me suis trouvé pour la première fois au pied du mur en 2002 et je revois mon père me demander très simplement dans la voiture « Est-ce que tu veux quitter Rouen ? » sans même réfléchir j’ai répondu oui et je savais exactement où cette réponse m’emmenait.
Je suis arrivé au Collège Cévenol une nuit de Décembre, sous cinq centimètres de neige et je reconnais que ma première pensée fut : Je peux enfin mettre une image sur l’expression «prison à ciel ouvert ». Le campus était blottit au bord du village, à l’orée d’une forêt magnifique. J’ai pris mon baluchon et me suis installé dans une chambre qui allait devenir mon chez-moi pour les 7 mois suivant.
Je savais que mes mauvaises fréquentations m’avaient poussé à quitter ma ville natale, je ne souhaitais pas me faire d’amis au Cévenol, je pensais que mon nouveau départ aurait lieu en rentrant à Rouen. J’avais tort. Rétrospectivement cela aura été les 6 mois les plus intenses de ma vie. Aucun autre établissement ne m’aura marqué autant que celui-ci. Nous étions généralement deux par chambres. L’internat à l’époque était l’un des deux seuls en France à rester ouvert les week-ends et la population était d’une mixité incroyable. Cancres rejetés de tous les lycées du coin, fils d’opposants africains, de cinéastes américains, de jeunes sur lesquels les autres systèmes éducatifs n’avaient pas eu prise mais également d’artiste, de génies, de gens qui étaient là par choix.
Au Cévenole plus personne n’avait de titres, chacun avait son lot de secrets que nous ne partagions pas toujours, quoi qu’il en soit chacun laissait son fardeau à la porte d’entrée et nous devenions tous des internes, nous étions tous égaux. Dans mon unité nous étions deux Français, trois Ivoiriens, un Russe, un américain et un Chinois (j’espère ne pas me tromper). Nous n’étions pas tous amis mais vous seriez étonnés de la solidarité des internes entre eux lorsque certains d’entre nous étaient en difficulté.
Je relis le blog de Romain Blachier et me heurte devant l’incompréhension. Je ne suis pas de ceux qui soutiennent que le Cévenol est un lieu passionnant, soyons honnête, l’hiver est long dans la montagne ! De plus la tradition protestante n’aide pas le collège qui reste très sobre, trop peut-être. Mais quand j’entends un élu décrire le Cévenol comme « un lycée cherchant la liberté et la réhabilitation de l'homme mais n'arrivant plus, contrairement à il y a maintenant quelques dizaines d'années, par l'éducation, à retrancher la bête de l'homme, se contentant de la concentrer dans les montagnes de Haute-Loire...» je ne peux rester assis sans rien dire.
Cette nature si ennuyeuse que vous décrivez est celle-là même qui m’a fait prendre conscience de l’importance des gens qui m’entourait, nous avions comme tout internat de France nos lots de bêtises à faire pour tuer le temps. Nous étions des enfants loin de chez nous et ce que certains décrivent comme du laxisme est en réalité un équilibre subtile entre liberté et responsabilisation. Nous n’avions plus de parents à coté de nous pour échapper aux problèmes, nous étions face à nous-même. C’est au Cévenol que j’ai compris l’importance de la diversité, de la deuxième chance, le respect des différences. C’est également là-bas que j’ai appris à vivre en communauté.
M. Blachier, vous dîtes dans votre blog avoir été submergé de critiques, d’insultes voir de menaces à la suite de vos écris au sujet du Cévenol, c’est la réaction d’une population qui pointe du doigt votre défaillance en tant que politicien. Evoquer vos souvenirs personnels pour décrire un endroit que vous n’avez pas aimé était d’une irresponsabilité conséquente en ces temps bouleversés. Vous rendez-vous compte que faire le lien entre un meurtre épouvantable et un établissement qui ne vous a pas comblé met directement en péril la pérennité de l’établissement en question ? Il ne s’agit pas d’être d’accord ou pas avec vous, tout le monde peut critiquer le Cévenol. Mais mettre en péril les emplois des gens qui travaillent là-bas, porter le débat sur le poumon d’un village dont l’histoire a été exemplaire… vous auriez pu attendre, vous ne l’avez pas fait.
Si nous avons un minimum d’honnêteté intellectuelle il nous faut reconnaitre qu’aucun environnement, aussi ennuyeux soit-il (désolé M. Blachier) ne peux transformer quelqu’un en monstre. Ceux-là vivent parmi nous, nous pouvons parfois nous en protéger (c’est le rôle de l’Etat) mais certainement pas pointer du doigt un quelconque établissement pour justifier leurs actes. Et à un autre niveau, comment penser à prévenir l’impensable ?
Et puis que dire des Chambonnais, ces gens qui, il y a plusieurs décennies, ont caché plusieurs milliers d’enfants juifs (entre 3000 et 6000 selon les estimations) ? Ces irrésistibles Auvergnats qui n’ont su accepter la barbarie, qui ont fait de l’aide à leurs prochains un mode de vie simple. Vous voilà porteur d’un bien terrible fardeau.
J’ai raté mon bac cette année-là, mais après une seconde tentative je commençais une école de commerce à Rouen, je partais en Russie puis aux Etats Unis. J’ai commencé ma carrière dans le maritime au Havre puis à 26 ans Je suis devenu directeur d’une Chambre de Commerce Franco-Américaine aux USA. Je dois reconnaitre que partout où cette vie étrange m’a emmené, je sais que le Collège Cévenol a marqué une étape décisive, celle ou un jeune doit comprendre qu’il ne peut pas toujours compter sur les autres pour être remis dans le droit chemin, que l’étiquette et les préjugés sont des fléaux qui nous aveuglent. Je porte dans mon cœur les visages de ceux qui m’ont entourés à cette époque, je reviens aussi souvent que mon travail le permet sur ces terres ou l’odeur des pins et la bonté de la nature m’apaise, où la force des éléments me rappelle pourquoi nous devons rester humbles, rester humains.
J’espère que le temps rendra au Chambon sur Lignon l’anonymat qui fait son charme et son authenticité. Je remercie le Collège Cévenol de m’avoir donné une seconde chance et j’invite les anciens à témoigner de leur expérience là-bas. La liberté, la diversité, la solidarité, la vie en communauté, le respect de son prochain et la proximité de la nature sont les ingrédients qui font du Collège sa spécificité et n’existent nulle part ailleurs. Il ne s’agit certainement pas d’une école parfaite mais il n’en existe pas (vous pouvez me croire j’en ai fait quelques-unes) et je crois que l’établissement lui-même s’est construit sur des bases humaines qui manquent à beaucoup d’autres.
Mes vœux vont à la famille d’Agnès et à sa mémoire. Aucun mot ne peut apporter de réconfort face à tant d’incompréhension et de chagrin. Je me joins aux milliers de personnes qui vous soutiennent pour vous présenter mes plus sincères condoléances.
François Gast
François GASTMes 4 années au Collège m'ont appris le partage,la compassion,la tolérance et .... l'amitié.
Marie Pierre SavilleAu delà du temps je ressens pour tous ceux qui ont vécu au Collège et au Chambon une sorte d'attachement familial qui m'est précieux. Le passé historique du lieu a influencé ma vie et a ouvert mon esprit.
C'est pour toutes ces raisons que je suis profondément attristée aujourd'hui par cette strate épouvantable qui recouvre "notre" Collège et l'héritage des Justes.
Le Collège Cévenol a toujours eu vocation d'accueil de jeunes en difficulté, en mal de vivre, ...l'équipe éducative (enseignants, surveillants,...) a fait le choix il y a longtemps de privilégier le dialogue et de responsabiliser les jeunes..les sanctions la bas ont toujours été précédées de dialogues, d'explications et d'efforts de compréhension ..ce qui est loin de se faire partout ..il y a au Collège Cévenol un véritable et profond respect des jeunes qui sont tout simplement considérés (et certains pour la 1ere fois)..ce mode éducatif a fait beaucoup de bien a de nombreux élèves, moi le premier..et j'en veux pour preuve l'attachement des nombreux anciens a "leur"collège ..et beaucoup de ces anciens des 70 dernières années se sentent proches d'Agnès sans même l'avoir connue.. voilà ce qu'est ce collège pour répondre à ceux qui se posent cette question..et je pourrais vous parler de l'énorme bien que peut faire le brassage ethnique présent au collège ..une autre fois peut-être ..en attendant mes pensées vont a Agnès et a sa famille.
Nicolas CancelBeaucoup de gens qui sont passé par cet établissement ont été marqué et on le voit avec tous ces messages. Il en va de même pour moi j'ai fais presque (je dis presque car il n'y avait déjà plus de 6ème en 2001) tout ma scolarité au Cévenol jusqu'à la terminale. J'ai appris la tolérance, le respect de l'autre, apprendre à connaitre les autres dans un cadre idéal pour cela. De rencontrer des personnes de tout horizons confondus et d'un enrichissement insoupçonné, et si aujourd'hui j'ai tant envie de partir à la découverte d'autre lieux et d'autre culture c'est certainement grâce au Cévenol. Aujourd'hui malgré les tragiques évènements, je suis fier de dire que je suis passé par cette établissement, et je continuerai à le dire. Je continue à penser que cet établissement est unique et qu'il doit conserver cet spécificité malgré les circonstances actuelles. J'adresse une fois de plus mes sincères condoléances à la famille d'Agnès et apporte mes affectueuses pensées à l'ensemble de l'établissement (élèves, professeurs, personnels d'internat...).
depuis Saint-Étienne.
Clément CortialJ'ai passé cinq merveilleuses années au Collège Cévenol ; et si c'était à refaire, je le referai dix fois plutôt qu'une.
Alain Crebec (1959/1964)Le Collège m'a énormément apporté ; dans tous les domaines ; je dois énormément à ce Collège et à ses professeurs ; je ne conserve, d'ailleurs, que de très bons souvenirs de cette époque.
Toutefois, j'avoue humblement n'avoir jamais adhérer "corps et âme" à ce fameux "Esprit Collège" dont parle Laurent. J'ai toujours eu la sensation diffuse que cet "Esprit" avait un côté un peu suranné, naïf et même angélique dans le monde qui est le nôtre ; la question que je me pose donc est de savoir si cet "Esprit" prépare t-il les jeunes à affronter sérieusement les immenses difficultés des réalités du monde actuel et surtout futur ? Un peu plus de réalisme et de rigueur serait le bienvenu....d'ailleurs, cet "Esprit" n'est-il pas en partie et malgré lui un peu responsable du drame qui vient de se passer en ayant influencé le directeur du Collège afin de donner une deuxième chance à un garçon qui n'aurait pas dû l'avoir, et qui probablement ailleurs ne l'aurait pas eu ? Je me pose toujours la question...
@François GAST : mille merci pour ce bel hommage
FLORENCEBonjour,
Frederic LecoqJe veux juste apporter un petit cailloux a l’édifice et dire que les deux années que j’ai passe au collège m’ont apporte beaucoup et m’ont permis de me construire ou me reconstruire après quelques années de maladie difficiles. Je garde de très bons souvenirs tant au niveau de l’ambiance, que du travail éducatif et de l’apprentissage fait sur la prise de responsabilité individuelle (Tonton et sa R16 rapatriant les brebis égarées le samedi soir !!).
Ce qui viens de se passer est horrible et incompréhensible mais ne doit pas remettre en cause la philosophie du collège. Tout ne peut pas se prévoir et encore moins les désordres mentaux et l’histoire actuelle ou passé et là pour nous le rappeler.
Très cordialement et encore merci pour ce que le Collège m’a apporté.
Les trois plus belles années de ma jeunesse... La rencontre avec des hommes et des femmes éducateurs dans leur coeur... Des amis que je garde encore aujourd'hui malgré les années... Bref, l'Esprit College qui doit survivre au grand malheur de la disparition d'Agnes qui nous touche TOUS... Cela aurait malheureusement pu arriver n'importe où dans notre cher pays... amitiés à tous
Corine Amphoux Maous (1968/1971)Le Collège m'a offert de passer les deux plus belles années de ma scolarité. Le lien qui unis les élèves, les professeurs, les maîtres d'internat est unique. Et même plus de vingt ans après avoir quitté le collège, mes pensées s'envolent souvent vers ce lieu où j'ai "grandi". La tolérance, le respect de la différence, la solidarité en sont le fondement.
SarryJe ne veux pas que ce lieu qui a permis à tant de jeunes de se trouver termine prématurément son oeuvre commencée il y a si longtemps. Ce ne serait pas juste, non, ce serait une injustice intolérable. Je ne veux pas assister non plus à ce déballage d'insanités sur ce qu'il se passe au collège. Pas plus, pas moins que dans n'importe quel établissement scolaire, ou internat. Ceux qui n'y ont pas vécu doivent se taire au lieu de médire par ignorance. Moi je sais. Il restera à jamais dans mon coeur.
Bonjour à tous,
Serge Naivo Andriantsitohaina (1981/1984)A tous les anciens dirigeants du Cévenol, ainsi qu’à ceux actuels. A tous les responsables, pions, pionnes, surveillants (es), femmes de ménage, cuisiniers (etc…et j’en passe) d’avant et d’aujourd’hui. A tous les anciens professeurs et ceux actuels. A tous les anciens élèves et amis (es)…
Et particulièrement, aux élèves actuels,
Réaction, certes tardive, mais je ne me connecte plus trop souvent, du moins actuellement. Quelle ne fût ma stupéfaction en apprenant la tragique et dramatique aventure qu’a subie Agnès, suivie de son décès (TF1 + LCI…). Quelle tristesse, je suis horrifié.
Je suis un ancien pensionnaire originaire de Madagascar. J’étais au Cévenol de 1981 à 1984 (j’y suis donc entré il y a exactement 30 ans). Je n’étais pas forcément un élève exemplaire ; en revanche, le Chambon, j’avais 17 ans, m’a forgé l’esprit, le caractère et ma personnalité. Le Cévenol, c’est l’école de la vie, où rien n’est forcément facile ou paisible, mais il faut en profiter pleinement. A bon escient, je vous en conjure. Bien évidemment, il peut y avoir ce qu’on appelle des dérives, c’est de votre âge, mais modérément s’il vous plaît ! Promis ? Restons honnête, je n’en suis pas sorti avec le bac dans la poche, mais ce que j’y ai vécu m’a apporté autant, voire plus…
Mon nom de famille étant si long (Serge Naivo ANDRIANTSITOHAINA), que tous mes potes de l’époque m’appelaient « Sergio Andrian » ; j’occupais la deuxième chambre au rez-de-chaussée du « Nov Koya Bon Koya » avec Jean-Marie Villard, alias Callaghan.
Je comprends votre douleur, que vous devez surmonter, et chacun de nous le doit. Je suis marié depuis plus de 18 ans ; nous avons un fils de 17 ans, une fille de 14, et un autre gamin de 6 ans. Croyez que je partage la douleur des parents, dur…dur…dur !!! Nul ne saurait être à leur place.
Voyez juste en ces quelques mots, tout simples, quelques phrases, mon soutien, si même je me trouve si loin…plus de 10.000 km quand même, mais je suis choqué, sachez-le ! Je suis entièrement avec vous tous par la pensée et vous encourage de toutes mes forces et de tout mon cœur à prendre garde à tout acte, toute parole…toute pensée !
Bonne continuation à vous, bonne route, je souhaite à chacune et chacun d’entre vous le meilleur de la vie. Car, si même elle semble parfois semée d’embûches, la vie est belle et elle continue. Bon courage, et restez, autant que possible, et aussi longtemps que cela vous sera possible, en contact avec les parents d’Agnès. Cela ne leur sera pas vain, croyez-le.
Grosses bises à tous, je vous sers très fort dans mes bras, en vous promettant qu’à mon prochain voyage en Europe, je ferais un tour au Chambon (qui m’est si cher… !). Et pourquoi pas, y envoyer l’un de mes enfants, un jour ?
Que Dieu vous garde, bien à vous tous,
Affectueusement.
Pourquoi faut-il toujours chercher d'autres coupables ?. Si cet acte ne s'était pas passé au Chambon, il se serait sans doute passé ailleurs. Les médias raffolent de polémiques, et certains les entretiennent... Sans doute n'ont-ils rien d'autre à faire !
Le Collège Cévenol a ses défauts comme tout autre lycée et il a de belles qualités également. Pour ma part, je me rends compte qu'il m'a ouvert à d'autres cultures, et d'être dans ce bains de cultures déjà tout jeune me permet aujourd'hui de côtoyer sans à priori et sereinement tout le monde.... C'est suffisant, il n'y a rien d'autre à dire...
SandrineLundi dernier j'ai pensé à ce qu'avait pu être la rentrée au Collège après ce drame fulgurant . Survenu dans un lieu qui nous aura marqué , apprentissage de la diversité sociale , de pédagogies ouvertes et fondement d'amitiés dont certaines si solides qu'elles durent depuis. J'ai alors envoyé un mot de soutien au CA et équipes actuelles . En pensant à Agnès , ses parents, sa famille . Aux parents de son agresseur et à celui ci. Et au Silence, aux mots d'amitié, aux témoignages et aux fleurs blanches qui seuls avaient leur place. Loin, si loin des propos aussi nombreux que déplacés, hâtifs et sans dignité sur le Collège Cévenol, ses valeurs d'hier et d'aujourd'hui, confronté à un drame humain bouleversant. Celui d'Agnès et des siens.
Philip Chalamet (1969/1974)Je ne suis jamais allé au Cévenol par contre je sais ce que ce collège à apporté à ma petite soeur au moment ou comme beaucoup d'adolescente de 13 ans, elle se cherchait ... Je pense que ces deux ans passé là bas, à côtoyer des gens si différents, lui ont apporté beaucoup dans la mise en place et la réussite de son futur. Ils ont changé ma soeur mais en bien et de manière positive. Elle est rentrée chez nous ... et elle qui avant de partir était toujours en colère, toujours dans le doute sur l'amour que nous pouvions lui porter .... a grandit. Je vous remercie tous, pour elle, pour moi, pour son mari et ses enfants.
OracleJe ne serais pas devenu ce que je suis devenu sans cette années 1991. On m'a appris a vivre avec les autres , on m'a appris le respect des autres et surtout de moi-meme. Il est en reste encore beaucoup aujourd'hui. Merci ....
Sebastien Autran@Serge Naivo Andriantsitohaina (1981/1984) :
Francois HeizmannMerci pour ce témoignage, merci de le faire de si loin.
De si loin du moins pour la majorité des anciens.
Prévenez nous si vous revenez un jour au Collège, que l'on s'arrange pour que des anciens puissent vous accueillir.
Francois Heizmann,
Élève de 57 à 61
Enseignant à l'école FPM d'Antalaha de 65 à 68, enseignant au Collège en 68-69.
Veloma.
merci au college qui m'a ouvert l'esprit,que de bons souvenirs 5 annees passé que je n'oublierai jamais je te soutiendrais toujours college!!j'espere que tu t'en remetras!
jeremie SYRENÉgalement ancien du collège (63 / 65) j'ai été choqué par le drame qui s'y est déroulé, et désemparé par la publicité négative donnée au Collège par les média.
Serge BalliniNon seulement, le Collège m'a ouvert les yeux sur des valeurs fondamentales de confiance, respect des autres, religion, bien être, mais encore, je lui dois toute ma carrière : J'y ai fait deux classes de seconde (scolarité difficile au début) et, redoublant, un professeur intelligent m'a proposé, plutôt que de perdre mon temps en tant que redoublant, de faire un échange avec un collège anglais (Brighton College) pendant le deuxième trimestre. Immersion totale en environnement anglophone donc, et retour avec un bagage dans cette langue qui a fait boule de neige tout au long de ma carrière d'informaticien. "Tiens, toi qui parles couramment anglais, tu vas être affecté aux États Unis pour deux ans, ...", etc. J'ai terminé ma carrière en tant que directeur du marketing pour une très grosse société d'informatique, responsable de l'Afrique, Moyen Orient, Europe de l'Est et Pays Baltes. Tout ceci, grâce à l’intelligence du Collège !!!
@Serge Ballini :
j'ai été à cette période au collège, interne à Milflore, et j'en garde un trés bon souvenir ; j'étais en sciences ex.
chapelle@Guylaine Carrot : OUI Guilaine, 1000 fois oui, c'est par le biais d'une fondation qui permettra que les hommes et femmes qui veulent continuer à faire passer ce message de paix et de tolérance que nous devons aller de l'avant. Ce sera aussi respecter la demande des parents et grands parents d'Agnés de ne pas baisser les bras et de les accompagner dans l'après disparition d'Agnès. Il faut se mobilier derrière eux, par le biais de Laurent, qui les rencontre très régulièrement. Hauts les coeurs et ne nous soucions pas des loups qui hurlent, ils ne sont qu'une petite meute sans grande envergure.
sam debardSam
Temoigner.Temoigner tout d abord du partage de la douleur de la famille et des intimes .Si chacune ou chacun de nous par ce temoignage pouvait prendre soin d une petite part de cette douleur indicible, insuportable, nous pourrions nous tourner de nouveau vers un futur meilleur.Alors humblement je temoigne de mon arrivee au Chambon ,muree dans un silence,un secret pesant au fond de ma besace.Il a fallu une annee de patience de la part de l equipe educative,pedagogique, directrice pour que je puisse sortir la tete du marasme dans lequelle j etais enfermee. Pendant une annee j ai recu un amour incomensurable que meme mes parents ne pouvaient me donner,un amour de resilience et pour cela je remercie profondement margaine deleage ainsi que toutes les personnes qui se sont frottees au chat ecorche que j etais.Une deuxieme annee pour ouvrir grands les yeux sur le monde sur sa diversite , une annee d apprentissage de la diffference,une annee determinante de motivation dans la vie. En gros un apprentissage, un apprivoisementhumain tolerant de l espace interieur personel, de l espace exterieur social et un amour illimite des grands espaces naturels. Pour vous parvenir,mon temoignage devra changer de langue,d hemisphere, mettre ses pieds a la place de la tete, traverser l ocean atlantique et arriver tout timide sur votre plateau cher a mon coeur, comme quand on revient a son port dattache.L idee de james de creer une fondation portant le nom d Agnes dans le but de creer des bourses est formidable. je suis partante .Du petit pays qu est l Uruguay je vous salue toutes et tous que l aventure humaine du college au Chambon continue.hasta siempre !!!!!
anne vieuLe Cévenol est un lieu emblématique de la banalité du bien, un lieu qui m'est cher pour des raisons géographique (ma famille vient de Tence et du Chambon) et familiales - ma mère, ma tante, mes frères et ma soeur ainsi que des cousins y ayant été élèves, ma grand-mère était directrice de la maison d'enfants les Pins qui accueillait les plus jeunes Cévenoliens.
Lucas Rocher-Veillith (2005-2008)De plus, c'est au contact de mes camarades Cévenoliens que j'ai découvert la diversité que ce monde renferme.
C'est pour moi un établissement dont la philosophie m'a permis de grandir intérieurement, de m'ouvrir au monde, et de réussir mon bac dans des conditions excellentes.
Je me souviendrai pendant longtemps encore de ce que M. le directeur m'avait dit lors d'une entrevue à mon entrée en 2nde: "J'accorde de l'importance à la réussite scolaire, mais aussi et surtout à la réussite sociale des élèves". Je pense que cette formule résume l'esprit et la réalité du Cévenol, un endroit ou l'individu est accepté tel qu'il est, et dans lequel il peut se réaliser.
C'est un lieu béni pour moi, et je souhaite que dans le futur cet endroit le soit pour un grand nombre de jeunes, et ce pour longtemps encore.
@Frederic Lecoq : Nous avons partagé une chambre, il me semble... Toi, le Francais avec un faible pour la marine marchande, Stefan, le Suédois qui venait du Brésil, et moi, l'Allemand domicilié au Kénya. BONJOUR A TOI, FREDERIC!!!
Le Collège Cévenol que je connais est celui des années 70 et 80. Et je ne peux qu'être d'accord avec la plupart d'entre vous. Le Collège accueille et donne une chance, il laisse la liberté dont chacun a besoin pour apprendre à en assumer la responsabilité, il favorise l'entraide, l'amitié et il marque ses élèves de manière douce, mais significative.
Aujourd'hui, je fais un travail situé situé quelque part entre l'éducation et le travail social, et m'occuppe de réfugiés mineurs non-accompagnés du monde entier. Certes, nous avons des conceptions, des idées, des structures de quality-management etc. etc... Mais quand ca devient problématique, je m'asseois et pense à la manière que nous avions de travailler au Collège. Et en général, je trouve une solution qui n'est pas simplement mécanique, mais qui prend en compte bien des aspects de l'individu et de son environnement, qui pose la question "est-ce approprié, est-ce juste ou est-ce injuste?" et qui m'oblige à chaque fois de redéfinir mon rôle éducatif.
RolfQue la vie commune et que l'éducation ne consistent pas en une simple gestion d'Hommes qu'on "administre" à coups de règles, ca, c'est une lecon que j'ai apprise au Collège. en tant qu'élève c'est le respect de ma propre personne que j'y ai percue de cette manière-là. Bien à vous tous! (pour les puristes: Ce soir , je suis dans un bureau où l'ordinateur n'a pas de cédille...).
Ce drame particulièrement atroce ne doit pas remettre en question cet établissement unique en France . La liberté et l'esprit critique dans un monde formaté symbolise l'ouverture d'esprit du Collège Cévenol . Les années passent mais au plus profond de nous même nous appartenons à une grande famille et le Collège Cévenol surmontera cette épreuve. Ancien élève de l'établissement je partage le deuil des parents d'Agnès . Christophe Behnam 1979-1981.
ChristopheS'il y a un lieu où le drame d'Agnès n'aurait pas du avoir lieu, c'est biens le Lycée Cévenol.
Tou au long des 40 années passées dans l'établissement avec Margaine, je me suis efforcé à l'internat en tant que professeur et directeur d'internat , de faire passer, non sans difficultés, les valeurs de l'établissement: Tolérance, responsabilité, autonomie.
Avec les élèves l'enrichissement , je crois, fut souvent partagé
Alain et Margaine
Déléage Alain et MargaineBonjour,
oui, ce drame peut se produire et se produit
malheureusement un peu partout.
Mais si il y a bien un endroit ou cela ne devait pas
arriver, c'est bien au Collège. J'espère que l'établissement
pourra progressivement surmonter ce grave déficit d'image
et de réputation ... (je n'oublie pas également le désarroi
que doivent ressentir la famille et les amis de la jeune fille)
Des années primordiales dans ma construction. 1976-1979
Laurent GainzaUne famille, un établissement scolaire, une région ont été frappés par le malheur. Le recueillement et la compassion s’imposaient. Mais l’émotion légitime suscitée par cet événement a entraîné un tapage médiatique tout aussi approximatif qu’incongru et quelques tentatives de récupération nauséeuses. Il est naturel qu’une société aspire à protéger ses membres. La nôtre pousse très loin le souci de la sécurité : elle nous propose toute sorte d’assurances ou de sur-assurances qui donnent l’illusion que tous les risques peuvent être maîtrisés. Pourtant, le risque est inhérent à la vie. L’espèce humaine ne se réduit pas à une opposition manichéenne entre les bons et les méchants, entre ceux qui mériteraient d’être protégés et ceux que l’on ne pourrait pas réinsérer, à tel point qu’il conviendrait de les écarter définitivement de la société pour éviter toute récidive.
ROBERTLes lois de la République posent qu’un individu fautif retrouve la communauté sociale quand il lui a payé sa dette. Les religions chrétiennes sont quant à elles fondées sur la notion de rédemption. Comment peut-on donc avancer que la peine de mort infligée à un adolescent, fût-il coupable d’un crime particulièrement odieux, constituerait un quelconque hommage à la mémoire de sa victime, qu’elle apporterait le moindre réconfort à sa famille et qu’elle constituerait une garantie pour que de pareils actes ne se reproduisent plus jamais à l’avenir ?
Alors, plutôt que d’agiter périodiquement le spectre d’une loi du talion que notre Constitution a définitivement rejetée, tentons d’être réalistes sans être fatalistes. La violence des individus, notamment celle des jeunes entre eux, n’est pas étrangère à la violence des rapports sociaux actuels, à celle du monde du travail. La surabondance de lois de circonstances votées dans l’urgence sous la pression de l’opinion publique, la politique sécuritaire ne règlent rien. Préservons et renforçons plutôt les services publics, réduisons les inégalités, recherchons une véritable justice sociale, une plus grande solidarité entre les hommes.
René ROBERT
Ce drame m’a profondément blessée.
Le Chambon, le Plateau, et bien sûre le Collège Cévenol, c’est le lieu de mon enfance, j’ai grandit sur le terrain du collège...
Les enseignants, les élèves de tous horizons qui ont traversé mon enfance, les amis, les anciens élèves de mes parents, je les croise souvent, ils reviennent parfois, donnent de leur nouvelles, se manifestent.
Les valeurs de tolérance, l’ouverture d’esprit, font la particularité de l’établissement et je les garde avec moi comme une singularité, une appartenance à une « grande famille », riche de tant de diversité.
Depuis longtemps, en son sein, des hommes et des femmes se sont révoltés, interrogés, ont construit, se sont aussi parfois trompés, mais ont toujours su rebondir et trouver avec ces générations d’adolescents une force inégalable parce qu’ils ont toujours cru en leur capacité à surprendre à créer à devenir des êtres à part entière.
De ces croyances et de ces hommes, nous en avons, plus que jamais, encore besoin.
Myriam Déléage.
Myriam DéléageLe Cevenol représente pour moi comme pour d'autres bien plus qu'un simple collège où l'on apprend l'histoire ou la biologie on m'y a apprit a vivre,a respecter et bien sur à faire la fête !!!
je n'imagine même plus ma vie sans mon passage au Cevenol mais vous voyer surement où je veut en venir vous êtes probablement dans mon cas.
enzo manfredi 06/08
manfredi enzoLe Cévenol est l'endroit où ma fille à trouvé un équilibre qui n'était pas simple, où elle a vécu des choses difficiles en pouvant les surmonter, où elle a voulu à tout prix rester lorsque nos difficultés financières semblaient rendre la chose impossible. Je suis parent, donc, mais aussi profondément amie du Collège à qui je dois un accueil formidable pour Chiara. Très peu d'établissements sont, comme le Cévenol, un vrai lieu d'éducation et de valorisation de la personne. Le drame d'Agnès nous a mis à genoux, nous a déchiré le coeur; c'est une blessure qui ne connaît pas d'autre soulagement que l'appel à la Lumière. Toute la souffrance est là et je sais qu'elle restera à jamais. On lutte tous les jours pour ne pas sombrer, pour penser que cette jeune vie a été accueillie là où il n'y a que consolation et amour. Et cela aussi est possible, pour Chiara comme pour nous, ici, loin d'elle, grâce au Cévenol, aux personnes qui continuent à y vivre en se voulant transparence de la lumière, de la bonne volonté, de la paix. Chiara n'a pas hésité une second: c'est dans son collège qu'elle pourra aller de l'avant !
Valeria SchiavoneLe cévenol est un lycée hors du commun de part son histoire, son lieu, ses profs et sa philosophie. C'est un lieu exceptionnel, difficile d'imaginer un tel autre établissement en France.
Personne ne peut quitter ce bahut indifférent. Il aura sauvé de nombreuses personnes, fourni une expérience très bénéfique pour se construire en tant qu'Homme, appris à tous une chose à laquelle on ne s'attendait pas. Ce lycée change un homme. On y passe une véritable tranche de vie.
Pour reprendre le témoignage de M. Déléage (magnifique propre d'histoire): Tolérance, responsabilité, autonomie ... et bien plus encore M. Déléage!
Une profonde pensée à la promo 2011/2012.
Côme