Dans Le Monde, daté du jeudi 24 novembre 2011
Le Chambon sur Lignon
La fin de l'innocence
Depuis sa création en 1938, le collège-lycée Cévenol a prospéré grâce à sa tradition de liberté et d'ouverture. Une belle réputation écorné depuis quelques années et mise a mal par le viol et assassinat d'une élève de 13 ans !Le_Monde_20111124_-_CC.pdf
Commentaires
Je suis un ancien élève du collège Cévenol (80-84), et je remercie le collège Cévenol pour tout ce qu'il m'a apporté. Grâce à lui, j'ai retrouvé le gout du travail, du vivre ensemble, tout cela dans un lieu magnifique, entouré de gens compétents. Les maitres mots, créativité, responsabilité, respect d'autrui, des institutions et le travail.
Eric VivièsIl ne faut pas jeter en pâture, le travail de ces gens dévoués et compétents.
La faute?... La justice, qui n'a pas su jauger le danger que représentait cet individu.Déjà connu des services de police, aucun suivi...C'est un drame pour la famille d'Agnès, que l'on aurait pu éviter si la Justice avait fait son travail.
ça rappelle le cas des récidivistes sexuels, que l'on emprisonne, sans soin, et par manque de place, on libère...résultat, il récidive et d'autres parents, amis se retrouve dans le chagrin.
les médias font beaucoup de mal ; ils font leur travail ; parfois c'est exagéré, et quand ils publient des vérités certains se révoltent.
Annie Chapellej'ai été moi-même au collège, et j'en garde un excellent souvenir, mais il y a plus de 50ans : de ce fait une personne de ma famille y est allée,(il y a 26 ans), et elle en est partie en milieu d'année., pour de graves raisons.
en ce qui concerne l'article du monde, la personne qui parle qu'au collège les éléves sont gardés mais pas fliqués, et que si le collège avait plus d'argent, il y aurait plus de surveillants, ne donne pas une bonne image.
Il est absolument inimaginable de comprendre ce qu'il s'est passé, ni meme d'envisager la douleur des parents... Toutefois je tenais à me joindre aux anciens du Cevenol pour temoigner de mon passage dans ce college tellement extraordinaire, avec une approche pedagogique largement plus humaine qua dans l'education nationale en regle generale.
L'etablissement possede des atouts que beaucoup devraient chercher à comprendre et mettre en place :
- Des professeurs présents, stricts et justes et ayant un temps veritable à apporter aux eleves, une approche de l'enseignement largement plus valorisante (où les classes ne sont pas le seul moyen ou lieu d'enseignement ; l'exterieur, la vie, les experiences des uns et des autres sont tant d'outils dont se servent les profs du Cevenol....)
- Des pions, des cuisiniers, une direction, un personnel administratif,etc... du personnel entourant, prevenant, facilement abordables, des gens ouverts d'esprits et possedant une intelligence de coeur rare !!
- Un environnement avec un campus, des paysages fabuleux, de "vraies" saisons, un village simple et rude à la fois...
- Des etudiants venus de tous les pays, de toutes les cultures, de toutes les couches sociales et qui se cotoient en parfaite harmonie, melangeant cette mixité avec une innocence d'enfants, riant de ces differences avec simplicité, associant l'humour au respect...
Et comme de juste, dans une societe telle que la notre où tout se doit de rentrer dans des cases, d'etre lisse et uniforme, où la difference (de religion, de valeur, physique ou sociale...) gene, alors bien sûr j'ai peur pour le Cevenol, bien sûr je me doute que des "tetes vont tomber"...
Mais je voulais apporter mon propre temoignage au College International Cévenol
SiscaJe n'y ai passé que deux années, ce sont les plus belles de ma scolarité : j'ai "décollé" dans mes etudes grace à lui, j'ai eu les meilleurs resultats de ma vie scolaire pendant ces 2 années, j'ai pris confiance en moi, et surtout je souhaite depuis longtemps que ma descendance puisse y faire ses etudes, tout comme mes oncles ont fait les leur au sein du College.
A ces gens du "monde" je tiens à préciser qu'un "rêve" qui dure depuis 1938 n'est plus un rêve mais une réalité, que s'ils savaient écouter et avoir une analyse objective ils ne pourraient que constater que quelques échecs et quelques rancunes, aucun journal, aucun journaliste n'a tenté la carte de l'apaisement mais toujours celle du sensationnel. En cette période électorale nous voyons de nombreux politiques prendre la balle au bon à leur seul profit.
Pascal LespetJ'ai passé 30 ans au Chambon, 8 au collège et malgré quelques difficultés du au climat, cet endroit restera dans ma mémoire comme une école de la vie, à tous, anciens, prof et même pions, (certains ont eu à faire à moi malgré le fait que j'étais externe, comme quoi)... merci.
Le Collège est un établissement superbe; il doit survivre, et survivra; il en a vu d'autres; la justice, a certes une part de responsabilité, mais elle a aussi bon dos; je persiste à penser, jusqu'à preuve du contraire, que la Direction a sans doute fait preuve de négligence dans l'admission de l'élève en question; et ce fameux "Esprit du Collège"devrait être adapté à notre dure époque qui n'a plus rien a voir avec les années 50/60 dans le sens de plus de réalisme, de rigueur et sans doute de discipline. Un jeune de 17 ans en 2011, n'a plus rien à voir avec un jeune de 17 ans des années 50-60-70......me semble t-il.
Alain CrebecQui veut la peau du « Chambon » ?
L’article pleine page que vous avez fait paraître dans votre édition du 24 novembre dernier, sur le drame affreux qui s’est produit au Chambon-sur-Lignon mérite qu’on y réponde! En effet cet article se veut "factuel" en égrenant diverses difficultés rencontrées dans l'histoire du collège et qui sont, à n'en pas douter, réelles. Il oublie cependant de dire que dans tous les bahuts de France de telles difficultés concernant la drogue, la violence extrême, sont légion (exemple récent de la jeune fille morte dans l'Héraut, à l'automne après un tabassage par un "camarade") et qu'il s'agit malheureusement d'un phénomène général dont l'analyse des causes serait longue mais qui est à rechercher plutôt dans toutes sortes de transformations actuelles de la société.
Sous des allures de récit objectif, cet article fait ainsi du Chambon un "cas"à part et induit l’idée fausse d’un rapport de cause à effet entre sa pédagogie et cet événement dramatique. Cet établissement a misé dans son projet pédagogique sur le développement de l'autonomie des élèves. Ce pari est sans doute devenu difficile à tenir, dans le contexte actuel de développement de la violence. Mais les aspects positifs de cette entreprise ne sont pas du tout pris en compte ici.
Le journaliste se contente de citer, à propos de cette pédagogie de l'autonomie, les propos de la représentante des parents d'élèves. Il n'apporte aucun élément d'évaluation de cette entreprise pourtant très intéressante et se contente d'égrener la suite des incidents, ou des drames (survenus là, comme dans beaucoup d'autres établissements), suggérant par là, sans le dire clairement, que de tels choix pédagogiques auraient « naturellement » conduit à cette catastrophe. Je trouve cette démarche intellectuellement limitée et de surcroît, hypocrite : « ils prêchent l'autonomie mais voyez ce qui leur arrive » !
Un autre aspect me dérange. L'accent mis sur le fait que beaucoup d'élèves étaient issus de familles fortunées. Certaines l’étaient, sans doute mais pas toutes et le Chambon était loin d’être un repaire de jeunes bourgeois gâtés comme on pourrait ici le supposer. Il se trouve que mon fils a passé 3 années au Chambon entre 1989 et 1992. L’élevant seule, avec un salaire modeste, j'avais du mal à payer sa pension. A la fin de la 1ère année, alors qu’il souhaitait vivement rester au collège Cévenol, la direction lui a proposé un statut "d'élève au pair" qui faisait appel à son autonomie d'une manière très positive : en échange de quelques heures de menus travaux d'entretien ou de petites réparations qu’il effectuerait dans le collège, sa pension serait prise en charge pour moitié par l'établissement. Cela a été son choix de rester et il a accepté librement cette proposition. Je me félicite de l’avoir envoyé au Chambon. Ces années ont été très riches pour lui (plus peut être sur le plan de la personnalité que sur le plan strictement scolaire), il en est sorti plus épanoui, il s’est montré capable de mener sa barque avec succès sur le plan professionnel et il en garde un souvenir très fort. Ce système d’élève au pair, s’il constituait un soutien pour les familles en difficulté représentait surtout un remarquable apport pédagogique de responsabilisation pour l'adolescent. J'ajouterai que cette pratique était en continuité avec les débuts du collège où les élèves avaient aussi participé à l'édification des bâtiments dans un esprit de solidarité et d'indépendance. Mais là-dessus pas un mot. L'article est bien court aussi sur l'histoire héroïque et gigantesque du Chambon pendant la guerre dans la protection des Juifs contre la barbarie nazie.
Or, l’héritage de cette histoire, cet esprit de solidarité, d'ouverture, de résistance, d'indépendance qui continuait d’animer l'équipe pédagogique et d’encadrement de l'internat, contribuait à faire de la vie quotidienne au Chambon une expérience des plus positives pour un adolescent.
L'article tait tout cela. Il ne prend en compte que le fait divers horrible et s’efforce d’en construire la causalité à travers les difficultés qu’à pu connaître le Collège Cévenol, comme tant d’autres établissements. Un lycée ou un collège plus « classique » aurait-il toutefois « bénéficié » dans un journal comme « Le Monde » d’un article pleine page avec une photo qui se veut émouvante, quoique très convenue, si l’événement avait concerné l’un de ses élèves? Qui veut la peau du Chambon ?
Lettre au Monde par Hélène CARTERON - Paris, 13 décembre 2011
Hélène CARTERONJe suis scandalisé sur la polémique et les commentaires complètement dénués de bon sens.
Eric VIVIESLes raisons du KO:
1- Abandon des parents dans l'éducation des parents, aucune sévérité, ...mais comment en être autrement, quand les parents, rentrent chez eux "fatigués", l'enfant n'est plus la priorité, à cela on y ajoute, l'alcoolisme, le chômage, le divorce... On appelle ça des pondeurs, pas des parents.
2- L'enseignement au primaire.
les "maitres" ne peuvent plus réprimander les enfants, sous peine de se faire "défoncer" par des parents, sans moralité. Donc l'enfant est sans aucun repère, tout devient normal, insulter, voler, casser, puis le veau devient gros boeuf, en rajoutant, braquer, tuer,taper leur compagne...
3- L'enseignement Secondaire
Combien de prof se font taper, les sanctions
Comment voulez vous que les profs puissent faire leur boulot, + de 40 élèves par classe, dont la plus part sont en échec scolaire.
4- La JUSTICE...
Après l'abandon des parents, l'impuissance des institutions scolaires... qui prend le relai? Le cas d'Agnès est typique d'un laissé aller de nos institutions judiciaires. Agnès est morte à cause de l'incompétence de notre justice, et en aucun cas, on peut incriminer le Collège, il n'y a pas d'enquêteurs de Police.
Et que dire du père du bourreau, qui a l'audace de présenter son gamin au Cévenol. Il a dissimulé un fait grave, il a trompé la direction du collègue... et en même temps, il a condamné son fils. C'est un père, celui-là ?... et la famille d'Agnès, il les a plongé dans le néant pour toujours.
Il y a tant de choses à dire, que nos élus se bougent le derrière, au lieu de ne penser qu'à leurs mandats, ce sont aussi des délinquants, des affaires de moeurs, de prises illégales d'intérêts, détournements de fonds publics, et j'en passe.
L'exemple vient d'en haut, on est servit.
Une petite pensée pour la famille d'Agnès, en cette année nouvelle, que Dieu vous donne le courage et vous aide à surmonter cette terrible tragédie.
Merci au collège Cévenol, à tous ces gens qui oeuvrent pour faire de nous des gens responsables, des gens de respect, de tolérance, d'amour. Merci du fond du coeur. Merci à Mr Hollard, et à toute son équipe pour m'avoir fait redécouvrir la vie.( ça a été ma renaissance)