Batisco-photo-fabienne-mercier.jpgLycée Cévenol : une soirée d’échanges entre émotion et apaisement

Devant une centaine de personnes, Laurette Argaud, présidente de l’APE, a remercié, mardi soir, « tous ceux qui ont participé aux recherches, et témoigné leur solidarité avec la famille d’Agnès et avec le collège ».

Elle insiste : « Nous ne sommes pas là pour faire des révélations. Deux mineurs sont concernés par cette affaire. » Puis elle réitère la confiance de l’APE à l’adresse du collège et de son directeur, Philippe Bauwens, qui s’exprime alors : « Je vous demande de nous aider. Les élèves ont besoin de se reconstruire, en silence, loin du tapage. Merci à vous qui, ces jours-ci, d’un sourire, d’un regard, leur dites : vas-y bonhomme, continue ma fille. »

Il assure : « Après le drame, j’ai demandé au rectorat une inspection générale des services de l’Éducation nationale. Elle est en cours. Ce regard vient de l’extérieur. S’il y a des fautes, qu’on le sache ! ».

Albert Munoz, quarante-trois ans dans l’Éducation nationale dont vingt-sept comme chef d’établissement, est administrateur du collège. C’est l’ancien proviseur du lycée Charlemagne, à Paris, où était scolarisée Agnès. Il ne fait pas mystère de son sentiment de culpabilité : « J’ai conseillé aux parents d’Agnès de confier au Cévenol leur fille qui rencontrait des difficultés que traversent beaucoup d’adolescents. Agnès est apparue transformée après quelques mois et lorsqu’elle a souhaité revenir à la rentrée, disant qu’elle avait trouvé ici une grande famille, personne ne pouvait imaginer… »

« Après ce drame, nous portons tous un sentiment de culpabilité énorme. Les camarades [du meurtrier présumé] répètent sans cesse : il nous a trahis. Comment a-t-il pu nous faire cela ? » Poursuivant : « Pourtant, il est du devoir de l’Éducation nationale d’accueillir ces enfants et de les protéger. Le pire dans cette terrible histoire, c’est que tous les acteurs ont fait leur travail dans le cadre qui était le leur. A posteriori, on se dit, et si on l’avait renvoyé ? On se serait contenté de déplacer le problème. On est devant un cas clinique extrêmement rare. »

Et de marteler, avec Claude Le Vu, le président du conseil d’administration : « Il faut que les règles qui entourent ces jeunes évoluent pour éviter que pareil drame se reproduise. »

Des échanges calmes et empreints d’une extrême émotion ont clos la soirée.


Fabienne Mercier - Le Progrès 2 décembre 2011