Collège Cévenol, un autre point de vue
À la suite de la publication d’une enquête critique parue dans "Le Monde"* au sujet du Collège Cévenol, les responsables de l’établissement ont tenu à répondre.
Dans son numéro du 21 juin, le journal Le Monde a publié un réquisitoire contre le Collège Cévenol et ses dirigeants, particulièrement odieux en ce qu’il oublie une partie importante des faits, dont le journaliste avait pourtant connaissance. Les citations retenues, sorties de leur contexte, y prennent une signification totalement contraire aux propos réellement tenus. Extraire du rapport de l’Inspection générale de l’Éducation nationale des éléments de reproches à l’égard du Collège Cévenol (il y en a et ils sont justifiés) en cachant les points positifs et encourageants, est à la fois partiel et partial.
Le Collège Cévenol est encore aujourd’hui un établissement porté par son histoire et les valeurs qui ont présidé à sa fondation : le pacifisme et la non-violence, l’internationalisme, le respect des autres dans leurs différences et la pluralité de leurs croyances, l’ouverture sur le monde et son devenir. De fait, la devise de l’établissement “Humanisme et Tolérance” est la colonne vertébrale du projet éducatif d’un établissement considéré par toutes les personnes rencontrées par les inspecteurs généraux, jeunes et adultes, comme “une famille”. L’expression est très souvent revenue tout au long de la mission. » Ceci est un point fort du Collège Cévenol, il est souligné par l’Inspection générale. Le Monde n’en fait pas état, c’est partiel et partial.
Lors de ses auditions, la mission d’inspection a pu constater combien la solidarité était un atout important dans cet établissement. Les élèves se sentent bien, ils apprécient “la disponibilité et l’écoute des enseignants, les travaux en petits groupes” […]. Tous les personnels d’internat, de service, d’éducation et d’enseignement de l’établissement se montrent particulièrement attachés au Collège Cévenol.
La mission a en particulier rencontré des enseignants motivés et engagés qui sont conscients de l’avantage qui est le leur de pouvoir travailler avec de petits effectifs pour assurer un accompagnement vraiment personnalisé et un suivi attentif des élèves. » Ceci est un point fort du Collège que beaucoup d’établissements nous envieraient. Il est souligné par la mission mais ignoré par Le Monde. C’est partiel et partial.
Le nouveau conseil d’administration de l’AUCC, sous l’impulsion de son président conscient du danger pour la survie du Collège Cévenol, a engagé au cours de l’année 2011 une réflexion sur l’avenir de l’établissement avec le projet “Cévenol’Up”. Une nouvelle dynamique a émergé, avec une adhésion constructive de l’ensemble de la communauté éducative. » Le rapport d’inspection détaille longuement le projet « Cévenol’Up », qu’il juge pertinent, et pourtant l’article n’en fait aucunement état. C’est partiel et partial.
Sur la prétendue connaissance que pouvait avoir le directeur du Collège du passé du jeune Mathieu : comment peut-on imaginer qu’un père qui veut absolument la réinsertion de son fils – et on le comprend – et qui n’a essuyé que des échecs auprès des 17 établissements qu’il a contactés (sic Le Monde) prenne le risque, alors qu’il n’y est en rien obligé, d’avouer les horreurs que ce même fils a commises, certain ainsi de le condamner à un refus supplémentaire ? Se contenter d’une affirmation gratuite pour porter un jugement péremptoire et inique sur l’établissement, c’est une nouvelle fois partial.
Laisser croire que la tentation de l’alcool et du haschich est une exception du Cévenol alors que c’est le fléau de tout établissement public ou privé, qu’il soit destiné aux élites ou non, est partiel et partial.
Le pire dans cet article dont on saisit mal le projet, sinon de faire sombrer un collège que l’histoire comme les valeurs honorent, ce sont les assertions qui salissent odieusement la mémoire d’Agnès. C’est ajouter délibérément de la douleur à la douleur. C’est affliger plus encore des parents qui sont dorénavant, à chaque instant de leur existence, confrontés au pire drame que la vie puisse réserver.
Claude Le Vu, président du Collège Cévenol
Jean-Michel Hieaux, vice-président du Collège Cévenol
Laurent Tournaire, secrétaire du Collège Cévenol
Jean-Marc Schmidt, trésorier du Collège Cévenol
Ce texte est également paru dans "Réforme" le 3 juillet 2012
Commentaires
Retenez bien ce nom : Gérard Davet.
Je ne lis plus le Monde, même plus sur internet.
FrancoisJe ne trouve pas l'article sur le site du monde...
Elisabeth BeaupèreEncore une pierre jetée au collège. ;o(((
Je tiens d'abord à vous souhaiter bonne chance pour la rentrée qui s'annonce, et le message que j'écris me fais une peine énorme.
Je n'apprécie pas le terme de "mise en point" de la part de la direction et du CA du Collège Cévenol pour de nombreuses raisons. Tout d'abord, et à mon sens la plus importante, c'est que votre réponse est très incomplète. On ne parvient toujours pas à savoir si la direction était au courant ou non. Ce point est à éclaircir, soit par voie de justice soit du propre chef de la direction, pour lever définitivement les doutes qui restent. La réponse est globalement très floue, les zones d'ombres subsistent sur les implications et la responsabilité réelle du collège.
Deuxièmement, une "mise au point" me semble possible uniquement dans le cas où ceux qui se défendent sont globalement ou totalement irréprochables. Ce n'est absolument pas le cas. Les défaillances concernant le sécurité, l'hygiène, l'encadrement sont sous la responsabilité du Collège Cévenol, et ne sont pas inhérentes à cette affaire. Vous n'en faîtes nullement mention dans votre réponse. On ne trouve aucune excuse face à un internat en pleine décrépitude. Je suis choqué de voir que Collège considère la sécurité et la non-violence comme des choses acquises au Collège, alors que le personnel de surveillance était en difficulté l'année passée du fait du manque de personnel. Je vous rappele que ce n'est qu'après la mort d'Agnès que vous avez décidés d'entamer un changement dans la gestion, avec non plus un, mais deux maîtres et maîtresses d'internats (deux chez les filles, deux chez les garçons).
Troisièmement la présence de cannabis et d'alcool sont intolérables dans un établissement à plus de 10 000 l'euro l'année. A ce prix, les parents et les élèves sont en droits, et doivent, exiger des mesures adéquates, voir répressives pour contrer un phénomène d'ampleur à l'internat. Soit vous choisissez l'excellence, soit vous fermez. C'est pénible à dire, mais c'est devenu une nécessité. Ce raisonnement vaut pour beaucoup d'autres points au Collège Cévenol. Vu le prix que les parents investissent, oui, ils sont en droit d'exiger le meilleur, et vous ne pouvez pas le refuser sous prétexte que ces problèmes existent ailleurs. Les parents ne doivent plus payer une année plus de 10 000 euros et obtenir en retour une gestion laxiste. J'insiste sur le mot : laxiste.
Quatrièmement, une question fut posée lors de la nomination de Mr Bauwens à la direction du Collège. Il était question de savoir si Mr Bauwens, ex-directeur du Foyer de Cachan en région parisienne, était impliqué dans la fermeture de cet établissement (effective ou non ?). Avait-il ou non fermé cet établissement ? Le manque d'informations m'a poussé à lancer des recherches. On apprend par voie de presse, que malgré les multiples décisions du tribunal et l'intervention d'un greffier, la direction de l'époque à refusé de réinscrire les élèves et à multipliée les blocages. En lisant les décisions de justice de l'époque, l'établissement et sa direction sont pointées du doigt. Les griefs sont multiples. C'est pour le moins inquiétant.
Simon C.
Simon CMerci, pour ce texte clair, dommage que beaucoup d'entre nous n'ayons pas été au courant de cet article, nous aurions peut être pu exiger un rectificatif!
Elisa Trocméça serai bien d'avoir une copie des articles!
Elisa Trocmé