Ce vendredi 16 novembre, un an après le décès d’Agnès, tous les élèves, les enseignants, les éducateurs et la nouvelle direction du Collège Cévenol se sont réunis et ont formé dans l’intimité de leur compassion un cercle de paix. La lecture d’un texte lu par les professeurs a clos ce moment de silence. Au nom de tous les habitants du Chambon-sur-Lignon, le Maire et ses conseillers ont discrètement fait déposer une gerbe au Collège Cévenol. L’Association des Parents d’élèves a fait de même. Le samedi 17 novembre, avant de commencer son conseil d’administration, l'AUCC s’est également longuement recueillie en sa mémoire.

Ce dimanche 18 novembre, à Paris, nous nous sommes encore retrouvés 150 à 200 personnes pour participer à la marche blanche à la mémoire d'Agnès si cruellement, si injustement, si absurdement assassinée. Derrière le portrait d'Agnès, les parents, les grands-parents, des amis, des jeunes, beaucoup, chacun avec une photo d'Agnès et une rose blanche. Nous étions tous uniquement là pour partager notre douleur et surtout pour entourer sa famille et ses proches de notre affection et de notre soutien. Quelques parents (tels que les Debard) et élèves du Collège Cévenol (dont Gaétan, Noam et bien d’autres) étaient venus tout spécialement. Sans doute ma propre présence pouvait-elle représenter le Collège lui-même, mais surtout, comme je l’ai témoigné auprès d’Armel Marin, le grand-père d’Agnès, toute la communauté des anciens dont les nombreux témoignages ont démontré leur attachement à des valeurs et des devoirs que ce crime a piétiné.

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Nous avons cheminé de Nation à Bastille, et élevé bien haut sur les marches de l’Opéra le portrait d’Agnès. Puis nous nous sommes rendus à l’Église Saint Paul pour nous recueillir. L’oncle d’Agnès, prêtre catholique, dans la magnifique et généreuse homélie lue par Armel, nous a bien dit qu’Agnès était toujours vivante puisqu’elle était dans nos cœurs.

Tous ces moments de recueillement, comme ceux que chacun d’entre vous a pu vivre intérieurement, se sont fait sans publicité et sans média conformément à ce que nous souhaitions.

Chacun ancien a vécu ce drame à l’aune de sa propre perception et de sa particularité, soit avec colère et ressentiments, soit avec abattement et désarroi. Mais tous  veulent pourtant comprendre ce qui peut être compris, jugé ce qui doit être jugé, œuvrer à ce qu’une telle barbarie ne puisse plus se reproduire.

Pour nous, anciens du Collège Cévenol, notre soutien à la famille est total. Nous nous emploierons ainsi à tout faire pour que toutes les responsabilités, d’où qu’elles proviennent, soient identifiées et assumées. Notre soutien à ce que devrait être le Collège Cévenol n’en est pas pour autant atténué, bien au contraire. Plus que jamais nous voulons que cette ambition d’une éducation à la paix et à la non-violence sur laquelle il fut fondé soit pérennisée et reste digne de son objectif.

C’est un défi sans précédent que nous devons, que nous allons relever.

Laurent Pasteur
Président de l'association des anciens du Collège Cévenol
Administrateur de l'Association Unifiée du Collège Cévenol