1964, Peter Brooke, adolescent, vint passer quelques jours d’été au Collège Cévenol. Il y rencontra un professeur peintre et poète remarquable Walter Firpo. Celui-ci l’éveilla à l’art et lui fait découvrir Albert Gleizes.

58446a718bffe09f7528a7d59ffc0e6b.jpgCinquante ans plus tard, Peter Brooke, peintre et poète, et demeure l’ami fidèle de cet enseignant remarquable. Il a également écrit le plus bel ouvrage qui soit sur Albert Gleizes.

Qu’il soit demeuré quelques semaines ou quelques années, c’est impressionnant le nombre d’artiste issu du Collège Cévenol…

I was introduced to those principles through Water Firpo, whom I met in 1963 when he was teaching a course in painting at a summer school organized by the Collège Cévenol, a well-know Protestant school in the Cévennes mountains. I was greatly impressed by Firpo, as a teacher, as a painter and also as a poet, and I we entered into a long correspondence. Firpo’s letters were a mine of information and of insight on poetry and painting and I wanted nothing more than he should himself be my teacher and guide in these matters.

Extrait de Albert Gleizes : For and Against the Twentieth Century - by Peter Brooke

Traduction : J'ai été initié à ces principes par le biais de Walter Firpo, que j'ai rencontré en 1963 où il a enseigné un cours de peinture dans un camp d’été, organisé par le Collège Cévenol, un établissement protestant bien connu dans les montagnes des Cévennes. J'ai été grandement impressionné par Firpo, comme enseignant, comme peintre et aussi comme poète, et nous avons alors entamé une longue correspondance. Les lettre de Firpo étaient une mine d'informations et de perspectives sur la poésie et la peinture et je voulais rien de plus qu'il soit lui-même mon maître et mon guide en la matière.

Voici ce que lui enseigna Walter Fripo :

Apprendre à voir, c’est mettre fin à l’incertitude, à l’arbitraire, aux malentendus, à l’inimitié – en un mot c’est mettre fin aux préjugés. Et enseigner la penture c’est, en définitive, essayer de faire naitre, en chaque élève, une conscience plastique. Et cela ne peut se faire que par la redécouverte en nous du geste pur, geste issu de la joie de créer qui implique, à la fois, l’imagination et la raison ; la passion et la rigueur, et qui ne cesse d’emprunter cette route royale des sommets qui va de la réalité des sens à la réalité de l’esprit.

Mais tout cela suppose une technique objective, une technique simple qui œuvre dans le sens même de son matériau : la surface plane et ses lois rythmiques de croissance – loi qui ont été redécouvertes par le grand peintre français Albert Gleizes (translation et rotation) et que ‘ai essayé, dans la mesure du possible, de faire connaitre et aimer, dans les ateliers de peinture du collège Cévenol.

Walter Firpo

Extrait de la brochure Collège Cévenol 1964 Cours d’art et de langue – été 1964

ete_64.pngDans cette brochure, pas sûr que Peter se souvienne de la parution (la première peut-être) de l’une de ses œuvres ! (je vais lui demander)

Les bâtiments, bâtis d’écailles
Chaque porte close comme coquilles,
Brillent gris dans le soleil
Où « clac » se ferment dans la rafle
Toutes lignes diagonales
Ils se baissent vers la chapelle
Et chaque matin ils se réveillent
Pour se sauver du sommeil et songer au réel.

Peter Brooke