« Il faut bien comprendre que le collège Cévenol est mort »

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Originaire du Chambon et avocat à Lyon, André Gast est le dernier président de l’Association unifiée du collège Cévenol. Son discours offensif vise à faire le deuil de l’établissement pour repartir sur de nouvelles bases.


André Gast. Photo DR


Vous avez pris la présidence de l’association après le dépôt de bilan. Comment avez-vous envisagé la situation alors ?
Il est malheureusement très vite apparu qu’il ne serait pas possible de redresser la situation. Une fois établi ce constat, il nous restait à faire en sorte que cette fin programmée se déroule dans les meilleures conditions possibles. D’abord pour les enfants et ensuite pour le personnel.

Justement, que va devenir le personnel de l’établissement ?
C’est une des questions essentielles qui nous occupent. Bien que nous soyons relativement démunis pour leur proposer des solutions, nous ne les laisserons pas tomber. Je sais que quelques-uns ont des idées, que certains seront indemnisés… Tous seront amenés à réfléchir à leur avenir.

Comment décririez-vous la situation actuelle ?
Il faut bien comprendre que le Cévenol est mort. Je le dis de façon aussi abrupte parce que personne ne fera de proposition d’installation d’activité tant que ce ne sera pas définitivement le cas. Le 12 juillet, le collège aura disparu et il faudra alors écrire sur une page blanche.

S’agit-il de l’oublier ?
Non, pas du tout. La mémoire de ce lieu doit demeurer et être entretenue et c’est le rôle de l’association des anciens élèves que de la faire vivre.

Êtes-vous impliqué dans la recherche d’un repreneur ?
Nous y travaillons beaucoup en effet, mais sans qu’une piste claire ne se soit encore dégagée.

Comment avez-vous vécu votre bref passage à la tête de cette institution ?

La période que nous avons traversée et que nous continuons de traverser est une épreuve très douloureuse, pour beaucoup de gens. Personnellement, ce qui m’attriste, ce n’est pas la fermeture en elle-même, c’est le fait que le premier employeur de la commune depuis cinquante ans disparaisse et qu’il en coûtera entre 30 ou 40 emplois. En terme d’activité économique, le village aura forcément du mal à s’en remettre.

Que faut-il retenir du collège Cévenol ?
En soixante-seize ans, le collège a vu passer près de 25 000 enfants et adolescents. Mon sentiment, c’est qu’une grande majorité d’entre eux ont été heureux de côtoyer ce lieu et les personnes qui y ont travaillé. C’est cela, je crois, le plus important.

Julien Wagner - Le Progrès - 11 juillet 2014

Voir aussi : "Point Final"& "Raphael Petavi, liquidateur judiciaire"