Le 10 août 1942, des jeunes se dressaient contre le gouvernement de Vichy

Ce dimanche, les Amis du Lieu de mémoire proposent une marche en souvenir de cette journée où des collégiens s’étaient opposés au secrétaire d’État à la Jeunesse.

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Le préfet et Georges Lamirand, au stade du Chambon-sur-Lignon, le 10 août 1942. Photo DR

Lundi 10 août 1942, au Chambon-sur-Lignon. Alors que les nazis se sont rendus maîtres de la France, que le gouvernement du Maréchal Pétain multiplie les signes d’allégeance au Troisième Reich, un acte public de résistance civile assez incroyable est le fait d’un groupe de jeunes gens.

Ce jour-là, des élèves scolarisés au Collège Cévenol font preuve d’un culot rare. Alors que Georges Lamirand, secrétaire d’État à la Jeunesse du gouvernement de Vichy, rend visite aux mouvements de jeunesse du Plateau, à la sortie du temple du Chambon-sur-Lignon, ces jeunes l’interpellent pour dénoncer la récente rafle du Vel’d’Hiv. Ils l’avertissent de leur désobéissance en cas de rafles sur le Plateau en ces termes : « Si nos camarades, dont la seule faute est d’être nés dans une autre religion (juive), recevaient l’ordre de se laisser déporter ou même recenser, ils désobéiraient aux ordres reçus et nous nous efforcerions de les cacher de notre mieux ». Une attitude qui invite à réfléchir encore aujourd’hui, à l’heure où de nombreux peuples sont sous le joug de tyrans.

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Quatre étapes et des témoignages

Aussi, en souvenir de cette journée du 10 août 1942, les Amis du Lieu de mémoire organisent un parcours pédestre, ce dimanche, qui chemine de l’ancienne mairie au Camp Joubert pour s’achever au temple.

Après une présentation de la journée, à 11 heures, au départ de la gare, un premier arrêt, à l’ancienne mairie, permettra de parler du maire, du préfet et du ministre d’alors.

À l’ancien stade, sur le parking des Bretchs, on s’intéressera aux mouvements de jeunesse sur le Plateau pendant la guerre. Les participants se dirigeront ensuite vers le Camp Joubert pour une halte prolongée.

Là, des témoins de cette journée du 10 août 1942 prendront la parole, notamment Nelly Trocmé et Rolande Lombard, alors adolescentes, qui assuraient le service durant le repas. René Rivière interviendra pour brosser un historique du Camp Joubert, ouvert en 1941 par le pasteur Charles Guillon pour l’Union chrétienne de jeunes gens. Charles Guillon était l’ancien maire du village. Cet homme de conviction avait donné sa démission le 23 juin 1940, expliquant qu’en sa qualité de secrétaire général d’une organisation protestante, son premier devoir était de s’occuper des prisonniers de guerre et des réfugiés.

Au temple, à 15 h 30, la lettre de protestation des jeunes sera lue et le chœur d’hommes À Chœur égal interprétera des chants.

Fabienne Mercier - Le Progrès - 10 aout 2014